13 avril 2008
FORMATION DES MEMBRES DE L'ARACEM
Tv Nomade
Projet d’atelier vidéo avec l’association ARACEM
Objectif :
Initier et former des jeunes adultes aux techniques (écriture/ tournage /
montage) de la vidéo numérique.Production d’un reportage audiovisuel
incluant photos, textes, illustrations sonores autour d’un sujet écrit et
réalisé par les stagiaires.
Date prévu : du 14 au 19 avril 2008
Lieu : local de l’association CON.JE.DEV
Public concerné : les membres de l’association ARACEM
Nombre de participants : 7 stagiaires accompagnés d’un
référent
de l’association
Matériel utilisé :
2 caméras numériques
Matériel son (micro, perche)
1 appareil photo
1 ordinateur
Déroulement de la formation :
Jour 1 :
Présentation du groupe et des associations
Introduction à la vidéo (visionnage)
Présentation du matériel
Notion technique autour de l’image, du cadre et du son
Exercices pratique de prise de vue
Jour 2 :
Choix d’un sujet
Qu est ce qu un scénario ?
Notion d’écriture d’un documentaire
Techniques d’interviews
Planning de tournage
Jour 3 et 4 :
Tournage
Prise de vue
Réalisation d’interview
Micro trottoir
Jour 5 et 6 :
Montage
Bamako l'enfer
Bamako l’enfer
La majorité des migrants arrêtés aux portes de l’Europe sont
reconduits de façon inhumaine dans le désert principalement à
Tinzawatin à la frontière Algéro-Malienne.
Les survivants de ces refoulements n’ont plus qu’une idée, celle
de regagner Bamako la capitale du Mali en espérant y retrouver le
gout de vivre bref, un moral pour pouvoir réfléchir sur leur sort.
Tel est le cas des migrants ressortissants de l’Afrique centrale
qui, refoulés du Maroc, Algérie, Lybie et Mauritanie se retrouvent
non pas en transit mais bloqués à Bamako, dans cet enfer où ils
vivent dans une précarité extrême.
Belle ville traversée par le fleuve Niger, à première vue, on ne
saurait s’imaginer que plus d’une centaine de migrants
ressortissants de l’Afrique centrale bloqués et regroupés au sein
de l’A.R.A.CE.M s’y trouvent.
La description de leur quotidien pourrait être classée en
sous-groupes :
1- Le Ghetto
principal lieu où ils vivent, cet immeuble inachevé compte
quatorze(14) chambres dans lesquelles dorment quinze(15)
à dix-huit(18) personnes par chambres devrant se débrouiller
comme ils peuvent pour réunir leurs frais de loyer par mois.
Dirigé par le chef Ghetto, qui se charge d’accueillir les
nouveaux venus, les orienter dans les différentes chambres,
il nomme ses assistants, qui désignent à leur tour des
personnes chargés pour le nettoyage quotidien des chambres
et de l’immeuble, car ici la propreté est de rigueur ,puisque
les personnes y vivant savent que leur survie en dépens.
Le manque de respect aux ainés est intolérable, et
sanctionner par des corvées quotidiennes que le concerné
devra faire, en cas de refus les sanctions s’en suivent et
vont même jusqu’à l’expulsion de l’immeuble, car sans lois
et règlements intérieur au niveau du ghetto, nous ne serons
plus que des animaux.
Les nuits sont courtes, il n’y a véritablement pas d’heure pour
se coucher sur les vieilles nattes que nous possédons, de
sept(07) heures à x heures, on se raconte des histoires,
on parle de nos pays respectifs, de nos exploits si nous
pouvons le dire ainsi, de nos rêves, du bonheur qu’on
aimerait procurer à nos parents lorsque nous retournerons
un jour dans nos pays, etc.
Le matin, les premières personnes se réveillent juste après
les premiers appels du coq, ou des muezzins situés dans les
mosquées se trouvant tout autour de nous, les deuxièmes à
six( 06) heures pour aller faire du sport et les derniers vers
huit( 08) heures réveillés le plus souvent par le bruit d’autos
ou de motos des personnes allant vaquer à leurs occupations.
Les journées au ghetto sont les mêmes, ceux qui peuvent
déjeuner le font avec leurs propres moyens, et après le bain
matinal, les petits groupes se créent et se dispersent de
chaque coté ceci dans le but de pouvoir gérer sa journée en
se nourrissant soit chez des amis, des voisins ou au mieux
encore lorsqu’il y a eu dans la semaine un don en denrée
alimentaire, nous convenons tous d’une heure pour se
retrouver en journée pour manger ensemble.
Revenus à la tombée de la nuit, tous assis à l’entrée de cet
immeuble où il n’y a ni eau potable, ni électricité, filles,
garçons et enfants le plus souvent assis sur les pierres où
encore sur le tronc d’arbre de deux mètres posé sur des
énormes pierres servant de bancs, se racontent les galères
de la journée passée en espérant que demain sera mieux car,
on sait quel jour on arrive au ghetto, mais la date du départ
n’est jamais connu d’avance.
2- La santé :
Seule la volonté de DIEU nous protège et nous garde en vie.
Ayant en ce jour perdu des copains décédés de suite de
maladies diverses tels (infection pulmonaire, typhoïde,) nous
n’avons pas de moyens pour faire face aux problèmes de
maladies qui se posent au sein du groupe.
Les refoulés arrivant à Bamako se trouvent dans un état
de maladies avancées, de troubles psychologiques dut aux
violences subies lors des refoulements, et le plus souvent
lorsque les cas deviennent graves ,nous sommes obligés de
nous adresser aux personnes individuelles, faire du porte à
porte pour pouvoir les aider à recevoir des soins et même
payerles ordonnances de 05 euros .
3- Nutrition
Tous les refoulés d’Afrique centrale répertoriés au sein de
l’ARACEM n’arrivent pas d’eux-mêmes à se procurer un repas
quotidien.
Hormis les candidats aux départs que nous enregistrons à
chaque fois qui pour la plupart, ont eu la chance de ne pas se
faire arnaquer ou dépouiller en chemin,
Le reste c'est-à-dire les refoulés dépossédés de leurs biens
lors des refoulements, une fois arrivés à Bamako se
nourrissent grâce à la générosité des voisins et des
connaissances qu’ils arrivent à se faire ou mieux encore
grâce aux dons en denrées alimentaires que certaines
personnes de façons individuelles nous apportent.
4- Les vêtements
Démunis de tout lors des différents refoulements,
l’unique tenue que les refoulés d’Afrique centrale détient
devint alors pour lui comme un uniforme de lycée ou de
collège qu’il est obligé de porter chaque jour.
Lorsqu’il est sale, la nuit tombée, il est lavé, séché et
reporté le lendemain matin au point où les voisins nous
demandent si nous en avons plusieurs de la même couleur.
Heureusement, il ya quelques mois, à travers le fond de
solidarité nationale du Mali dirigé par M. ADAMA DIARRA,
nous avons reçu un don en vêtements, couvertures, draps et
kits sanitaires de la part du World Lutherian Relief.
Ce don intervenu à point nommé nous a permis d’avoir
de nouveaux vêtements pour le moment.
26 mars 2008
Appel
Au delà des souffrances endurées, des violences subies, les
migrants d'Afrique centrale résidant au Mali ont pu à travers
l'ARACEM se rebatir un moral et retrouver peu à peu l'espoir
jadis perdu.
L'association dans l'optique de permettre à certains de ces
membres désireux de s'insérer socialement au Mali et pour
d'autres dont le désir ardent est de retourner dans leurs
pays d'origine, a monté des projets que vous trouverez
dans la catégorie( projets).
Ne pouvant y faire face seule, ARACEM lance un appel
aux organismes, associations, Ongs et particuliers
pour un soutien et appui technique, matériel et
financier.
Naissance de l'ARACEM
Au terme d'un forum organisé à Bamako du 09 au 12 septembre
2006,commémorant les évènements de Ceuta et de Mélilla,nous
migrants d'Afrique centrale avons décidé de créer une association
dénommée A.R.A.CE.M, en vue de nous réunir pour mieux exprimer
les difficultés que nous rencontrons et vivons dans ce pays de
transit de migrants.
Le 30 Novembre 2006, l'association fut déclarée au niveau du
Ministère de l'administration territoriale et des collectivités
locales(MATCL) dans le bureau du courrier et enregistré sous
le No 10841 et, ce même jour, les signatures de trois(03)
membres du bureau( président,sécrétaire géneral, trésorier)
furent légalisées à la mairie de la commune VI sur le numéro
de coupon du trésor public: 2260028
Quelques temps après, c'est à dire, le 19 Décembre 2006, après
réception du dossier de l'association contenant:
-Deux copies certifiés conforme des statuts
-Deux copies certifiées conforme du règlement intérieur
-Deux copies certifiées conforme du PV de l'assemblée générale
constitutive de l'association
-Deux listes de présence de l'assemblée générale constitutive de
l'association
-Deux copies de déclaration de création d'association dont l'une
timbrée
L'association reçue du bureau du MATCL le No de bordereau
0347/DNI, nous envoyant vers les bureaux de la direction
régionale de la police nationale(DRPN)-DB ou le 28 décembre
2006 le No de bordereau 3298/DGPN nous fut attribué.
Dès ce jour, l'épreuve la plus redoutable que connurent les
membres du bureau de l'ARACEMcommença car, durant presque
deux(02) mois, les enquêtes de moralité de chaque membre
furent éffectuées dans l'enceinte du commissariat du 7e
arrondissement par l'adjudant chef NIARE.
Après étude et signature du résultat d'enquête par le
commissaire BACARY KONE, le No 0026/7eA nous fut attribué
le 30 Janvier 2007.
Notre dossier emprunta alors le chemin retour en nous laissant
dans un suspense inédit.C'est ainsi qu'en repassant par la DRPN
sous No de bordereau 0157/DRPN/DB, qui nous fut attribué le
28 Février 2007 par Mme TRAORE et le 05 Mars 2007,
M. DOUMBIA et M. TEME du bureau du courrier confidentiel de la
Direction générale de la police nationale(DGPN) attribuèrent à
notre dossier le No de bordereau 0127/DGPN.
Le 06 Mars 2007, le No 057/DAP nous fut attribué à la Direction
nationale de l'intérieur(DNI).Par un jour ensoleillée du Vendredi
16 Mars 2007 à 11h45 précises, le recépissé de légalisation
(autorisation d'association étrangère à but non lucratif en
république du Mali) nous fut remis par Mme DICKO AWA
COULIBALY et enregistré sous No 0044/MATCL/DNI .
Nous remercions tous ceux qui de près ou de loin, ont contribué
pour l'obtention du recépisséde légalisation de l'ARACEM et, à
travers ce document, nous osons croire qu'une barrière de
plus posée sur le long tunnel que nous avons emprunté,
a été franchie.
25 mars 2008
Pièce théatrâle "ESSINGAN"
ESSINGAN est une pièce théatrale qui met en exerque un groupe de jeunes voyageurs de nationalités différentes qui se
rencontrent à Bamako, principale ville de transit.
Ensemble,ils décident d'aller jusqu'aux enclaves de Ceuta ou de Mélilla afin de regagner l'Europe, ceci en traversant le
désert du sahara,l'Algérie et le Maroc.
Tout au long de cette pièce théatrale, ces onzes jeunes et dignes voyageurs qui au départ, n'avaient qu'une seule
idée: celle de PASSER, mais que les politiques actuelles ont transformé en vulgaires clandestins.
Ils retracent point par point la genèse de leurs départs forcés, les arnaques vécues, les souffrances physiques,
morales, psychologiques endurées, dénoncent également les violences subies.
La phase la plus dramatique reste le refoulement subit qui les reconduira jusqu'aux portes d'un notre pays
qui alors, devenu pays de blocage pour eux, et où malheureusement ils seront contraints d'érrer,
vagabonder, allant jusqu'à commettre des larcins pour survivre.
ESSINGAN est joué par les membres de l'ARACEM, et en dehors du caractère de sensibilisation qu'elle revêt,
cette pièce théatrale permet également au public de vivre et d'avoir de plus amples informations sur ce
phénomène qu'est l'immigration.
Pour des representations, n'hésitez pas à nous contacter!
21 mars 2008
Opération Retour volontaire des membres de l'Aracem dans leurs pays d'origine
Résumé du projet :
La majorité des migrants arrêtés dans les pays du Maghreb sont reconduits aux frontières du Mali dans les conditions dramatiques. Ils sont dépossédés de tous leurs biens et déposés à Tinzawatin ou à Gogui dans le désert du Sahara.
Les survivants de ces refoulements qui parviennent à atteindre Bamako (excepté les Maliens qui vont en famille) se retrouvent dans la rue, sans papiers et sans revenus, livrés à eux même, ils vivent dans les gares routières, les marchés et dans les quartiers périphériques ou certains s’entassent à 10 ou 15 dans les chambres de 4 m²
La majorité des migrants refoulés au Mali en situation difficile sont des ressortissants Camerounais et Congolais, c’est pour quoi l’Association des Initiatives de Développement (AIDE) et l’Association des Refoulés d’Afrique Centrale au Mali (ARACEM) ont décidés d’intervenir pour organiser le retour volontaire de soixante dix (70) Camerounais et congolais dans leurs pays d’origine.
Objectifs :
- favoriser le retour de 70 migrants Congolais et Camerounais bloqués au Mali.
- Eviter à 70 migrants refoulés de se retrouver en situation de criminalité pour assurer leur survie.
- Permettre à 70 migrants en situation d’échec, de retrouver chez eux la confiance pour se reconstruire et, porter un message de sensibilisation sur les réalités de l’immigration clandestine vers l’Europe.
Résultats attendus :
- 70 migrants refoulés bloqués au Mali retrouvent leur pays d’origine.
- Dans leurs pays d’origine, ils sont en meilleure situation d’accueil, de réinsertion socio-économique, en milieu familial, les migrants ne sont pas en situation de criminalité pour assurer leur survie.
- Dans leurs pays d’origine, en milieu familial, les migrants reprennent confiance, ils se reconstruisent à partir de l’échec de leur projet de migration. Des migrants au retour dans leur pays sont porteurs de messages de l’immigration clandestine vers l’Europe.
Zone d’intervention :
- Ville de Bamako et banlieues
- Durée de l’opération 4 mois
Période d’exécution :
- Dès acquisition du financement
Contexte/justification
Les réalités de la migration irrégulière vers l’Europe sont-elles que les migrants se retrouvent déconcertés en parcours, au delà des risques et danger physiques, des conditionnalités de vie, les migrants sont confrontés aux arrestations, emprisonnements, et reconductions systématiques aux frontières de passages. Ceux qui parviennent à survivre sont bloqués dans les centres urbains, ne vivant que de la générosité de leurs connaissances.
Actuellement la ville de Bamako abrite des milliers de migrants subsahariens refoulés des pays du Maghreb. Ces survivants vivent des situations d’extrême précarité et, souhaitent retourner dans leurs pays quelques soit les moyens.
L’opération retour volontaire au pays d’origine est une réponse aux besoins de plusieurs dizaines de migrants qui veulent retourner dans leurs pays pour sortir de l’échec de leur projet de migration et, se reconstruire un avenir chez eux dans leurs pays.
L’opération retour volontaire est certes une action humanitaire, cependant elle revêt également un caractère de sensibilisation. Le retour volontaire d’un migrant au pays d’origine est une action de sensibilisation pratique sur les réalités de l’immigration, le migrant retourné au pays est en soi (lui-même) l’expression de risques et dangers encourus dans le parcours clandestin.
Stratégie d’intervention :
1- Mise en place de la cellule d’écoute et d’organisation du voyage
2- Localisation, indentification des candidats au départ.
3- Ouverture d’un registre de migrants identifiés.
L’équipe opérationnelle :
- Deux agents de terrain : chargés de la localisation, identification et de
l’écoute des migrants.
- Un superviseur : il coordonne les activités, il est le responsable du voyage et de la gestion administrative et financière de ce projet.
Activités :
1º) – Localisation et identification :
Situer les lieux, points de regroupements, quartiers périphériques ou
se trouvent les Camerounais et Congolais.
Identifier les candidats au départ, l’accompagner ou lui faire indiquer
La cellule d’écoute.
2º) – Ecoute :
L’écoute du migrant, son témoignage, son enregistrement au
répertoire
3º) - Organisation du voyage retour :
programmation, organisation technique, démarches administratives
pour les groupes de voyage.
Extraits de témoignages
TRAITEMENT ET CONDITIONS DE DETENTIONS
ALBERT, camerounais ,28 Ans, membre de l’ARACEM
INSALAH
Le commissaire en place était réputé pour sa maltraitance. Tous les migrants qu’on acheminaient vers ce lieu savaient qu’une fois le pied à terre, recevraient une bastonnade de bienvenue. Le vieux comme l’appelaient les migrants rejetait à chaque fois qu’il savait que les migrants avaient toujours de l’argent sur eux. De ce fait, nous privant de rations journalière, il avait ouvert une boutique dans l’enceinte de la cellule de refoulement gérée par un policier .Donc pour ce nourrir durant tout le séjour dans cette cellule, il fallait acheter à la boutique ou alors rester affamé. On réussissait à ne pas en mourir parce qu’il y avait la solidarité entre nous.
ABUS DE LA POLICE
GEORGES, centrafricain, 26 Ans, membre de l’ARACEM
TAMANRASSET
Parfois le jour, les policiers entraient dans la cellule ,franchement on ne savait le pourquoi .Quand ils ressortaient ,deux ou trois heures de temps après revenaient très nombreux ,armés de matraques ,ils bastonnaient ,fouillaient tous les sacs , et emportaient avec eux bijoux ,argent ,portables ,et parfois passeports .
DESCRIPTION DE TINZAWATIN
ABDOULAYE, Tchadien ,28 Ans, membre de l’ARACEM
Frontière Algéro-Malienne, situé en plein désert, ou vivent deus groupes de personnes bien distinctes. Un premier groupe composé d’algériens vivant dans une grande cité électrifié, avec de l’eau potable, bref disposant des conditions nécessaires pour mieux se sentir dans sa peau.
De l’autre coté ,vit un deuxième groupe composé des migrants refoulés camerounais ,congolais ,tchadiens ,centrafricains ,maliens ,libériens ,nigérians ,Bangladesh, etc.…….les tempêtes de sable y surviennent à chaque cinq minutes ,on touche à peine le soleil de la main, les pluies sont inexistantes ,bref c’est l’enfer.
Extrait 5
TRAITEMENT ET CONDITIONS DE DÉTENTIONS
MOULOUNGUI, Congolais, 20 Ans, membre de l’ARACEM
TAMANRASSET La bastonnade que nous recevions chaque jour était dut à notre protestation contre l’arrivée tardive de la ration qui était faite de deux baguettes de pain par jour par personne et d’un kilogramme de lait en poudre pour cinq personnes pendant deux jours. Tout ceux qui tombaient malades pendant mon séjour dans cette cellule qui était d’un mois, ne recevaient rien comme médicament. Le robinet d’eau à boire se trouve près des latrines où hommes, femmes, et enfants sont amenés à se rendre sans distinction, de jour comme de nuit, sans avoir honte.les policiers algériens perchés sur des remparts, deviennent plus nombreux à chaque fois que c’était le tour des femmes de se baigner. Nous les insultions, lancions des morceaux de pains secs restés dans la cellule.
VIE DANS LES ROCHERS A TAMANRASSET
PATIENT, Camerounais, 29 Ans membre de l’ARACEM
Ayant passé toute la journée aux buses comme les autres, à la tombée de la nuit, j’avais recommencé la marche au sens inverse pour regagner les rochers. Il y en avait trois où nous dormions, le mien était le dernier c à d le plus éloigné. A l’intérieur, on s’éclairait parfois avec des bougies mais le pus souvent, à l’aide des petites torches à la lumière bleue. Dans ces rochers on trouve des souris, des scorpions et parfois des serpents et, DIEU m’a tellement protégé car, durant mes trois mois de séjour dans ces lieux, mes camarades et moi ne nous sommes pas plaints d’une éventuelle morsure comme s’en était le cas auparavant. Parfois les policiers arrivaient là-bas lors des multiples rafles, mais, ces rochers ont tellement des galeries qu’il leur était difficile de nous prendre tous car le chef nous avait montré deux sorties cachées et je suis sur que même JAMES BOND ne les aurait trouvé
Extrait 4
CONDITIONS D’ARRESTATION
RODRIGUE B. Centrafricain 24 Ans, membre de l’ARACEM
TAMANRASSET
Nous étions nombreux au départ de TAMANRASSET pour GHARDAIA. A l’agence, nous avons été scindé par groupe de cinq noirs dans les différents véhicules. Dans le mien, nous étions sept noirs dont cinq subsahariens et deux algériens de peaux noirs. Ayant traversé différents contrôles sans être pris, juste au moment où le chauffeur stoppant le véhicule pour une pause urine, tout le monde étant descendu, un véhicule militaire de passage s’arrêta. Tous les noirs y compris les deux algériens furent arrêtés et reconduits à INSALAH sans vérification de papiers ou autres explications. Malgré le fait que les deux algériens parlaient arabe, ils ont du aussi abandonnés leurs bagages comme nous dans le bus qui continua son trajet. Tout ceci pour la simple raison que nous étions noirs.
TRANSPORT DANS LES CAMIONS MILITAIRES
MARTHE, Camerounaise ,19 Ans, membre de l’ARACEM
Pendant toute la nuit, on a roulé et DIEU seul savait combien nous étions à l’arrière de ce camion entassés comme des sardines dans une boite. Le chauffeur après avoir quitté le goudron, au lieu de rouler sur du sable, le faisait plutôt sur les énormes pierres. A l’arrière du véhicule, avec toutes ces secousses, on se cognaient les têtes, fronts, basculant d’un coté à l’autre, et ceux qui étaient aux extrémités c à d près des barres de fer se blessaient au point ou une maman congolaise qui se faisait refouler avec sa fille est morte sur le champ après avoir cogné la tête à une barre de fer. On criait et ça ne leur disait rien. Pour pisser, c’était mieux pour les hommes car ils tendaient juste leurs sexes au dehors et le faisaient malgré les secousses. De notre coté, pour nous soulager on allait à l’arrière du camion pour le faire. Ça sentait mauvais mais les autres nous comprenaient et ne nous en voulaient pas. A l’arrivée à TINZAWATIN, il y avait beaucoup de blessés, de personnes avec des membres fracturées, ils nous ont laissés en disant « voilà le Mali de l’autre coté »
CONDITIONS DE FEMMES
SOLANGE, Congolaise, 20 Ans, membre de l’ARACEM
TAMANRASSET
J’ai été arrêtée comme beaucoup d’autres au niveau de l’université. Arrivée au commissariat, le groupe de filles a été séparé de celui des hommes pour subir aussi la fouille. Mais, ce que nous avons subi était plus qu’une fouille. Ils ont commencé par toucher les cheveux, les seins, mettre les mains dans nos fesses, toucher nos pubis en nous disant que cette fouille systématique était dut au faite que les femmes transportent souvent les stupéfiants et qu’elles les cachent dans ces lieux. Ils le faisaient en riant et on avait tellement peur, tremblaient, et on ne pouvaient pas se défendre
Extrait 3
EXTRAIT 3
CONDITIONS D’ARRESTATION
MPENZA, Congolais 32 Ans, membre de l’ARACEM
CASABLANCA
J’étais à Casablanca depuis presque un an déjà, six mois plutôt, ayant déposé une demande d’asile au HCR, j’ai reçu un récépissé de demande d’asile après étude de mon dossier. Jusqu’ici j’avais eu la chance de n’avoir jamais été interpellé.un jour en sortant de la mosquée, trois policiers marocains m’interpellent, les ayant montré la photocopie certifiée conforme de mon certificat du HCR, ils l’ont déchiré en disant qu’il était faux, et j’ai été conduit aussitôt au commissariat.
ABUS DE LA POLICE
OLIVIER Camerounais ,19 Ans, membre de l’ARACEM
NIGER (ARLIT)
Arrivé à l’agence AIR transport d’ARLIT en provenance de NIAMEY, deux policiers nous abordent et aussitôt nous sommes conduits au poste de police. Après avoir parlé longtemps avec un Monsieur à travers la fenêtre de notre cellule, l’ayant fait comprendre que nous ne disposions pas d’argent, notre cellule fut ouverte et avons été conduits à l’arrière du bâtiment du commissariat, brutalisés, fouillés, ainsi que nos sacs, ils ont pris les 140.000 FCFA que nous avions .après ils nous ont mis 40.000 FCFA nous disant que la somme prise était le payement de droit de passage sur le sol nigérien.
TRAITEMENT EN PRISON ET CONDITIONS DÉTENTIVES
ALAIN, Tchadien 25 Ans, membre de l’ARACEM
TETOUAN
Attrapés après tentative échoué du coté de CEUTA, avant mon refoulement à OUJDA,j’ai eu l’honneur de passer quatre nuits à TETOUAN dans une maison abandonnée qui sert de commissariat non officiel ou encore de lieu de package de migrants arrêtés à CEUTA. Entassés tous dans une chambre de presque 6 m2
Nous avions droit à une pause urine par jour et à une baguette de pain et de l’eau chaque soir.
Extrait 2
CONDITIONS DE FEMMES
JULIENNE, Camerounaise, 22 Ans, membre de l’ARACEM
TETOUAN
Cette chambre puait, déjà deux jours que nous étions là, les autres femmes comme moi n’avaient pas encore pris de bains. Très tôt ce jour, les policiers étaient entrés et avaient bastonné tout le monde. Les garçons avaient voulu nous protéger, mais néanmoins nous avions reçu quelques coups. Lors des sorties du soir pour aller au petit coin (faire des besoins), les femmes généralement y allaient après tout le monde et une fois dans les allées, certaines étaient conduites à part, et elles revenaient dans la cellule bien après que les autres soient rentrées, en nous informant qu’elles avaient été violées par deux ou trois policiers. Moi j, ai eu la chance de n’avoir pas été victime.
CONDITIONS DE VIE À TINZAWATIN
ONANA, Camerounais ,20 Ans, membre de l’ARACEM
Les migrants vivent dans des huttes presque détruites .le forage datant je ne sais de combien d’année est complètement détruit. Et à cet endroit reste juste un gros trou avec à l’intérieur une eau d’une couleur verte avec laquelle on se lave et lave nos vêtements. Parfois il y a de ravitaillement d’eau potable par des camions citernes. Dans les ghettos, il y a plein de puce malgré le fait qu’on nettoie à chaque moment.
Les maladies de la peau (gale et teigne) sont fréquentes .le ravitaillement alimentaire (sucre, tapioca, et autres) proviennent le plus souvent de KIDAL dans les convois ou véhicules qui accompagnent le plus souvent les migrants (candidats au départ) qui passent par là.
Il n’ y a pas de places privilégiées dans les ghettos pour les femmes ou pour les enfants.
il est strictement interdit de dormir dehors à cause des violentes tempêtes de sable dans la nuit .les maladies fréquentes hormis celles de la peau sont le stress et les maux de tête dues au soleil et aux multiples réflexions. Pas de toilettes, les besoins se font loin des ghettos, partout, à l’air libre, il suffit juste de recouvrir avec du sable.
VIE A TAMANRASSET
PASCAL, Centrafricain, 19 Ans, membre de l’ARACEM
En hiver, les policiers s’amenaient au rocher, profitant du fait qu’on soit allés au centre ville, ils brûlaient toutes nos couvertures. Quand ils nous coinçaient au centre ville dans les buses, pour les échapper, on les lançait les selles qui s’y trouvaient car c’est à cet endroit que la majorité des camions de vidanges de la ville de TAMANRASSET viennent déverser leurs contenus.
Secours aux migrants
Projet d’assistance aux Refoulés et déportés ressortissants D’Afrique centrale vivant au Mali.
Titre : « Secours Aux Migrants »
Emplacement : Bamako/ Mali. (Centre ville)
Date de mise en œuvre : Immédiatement après financement
Durée du projet : Illimitée
I- Définition du Projet : « Secours aux migrants »
Il s’agit d’installer 100 postes téléphoniques (PRIS MO Systèmes) dans divers points d’attraction de la ville de Bamako
II- Description du projet :
Le projet dénommé « Secours aux migrants » consiste :
- A créer une activité génératrice des revenues afin de répondre aux besoins financiers élémentaires des refoulés d’Afrique centrale en situation difficile vivant au Mali (Bamako), et de leurs offrir une activité pouvant les occuper au quotidien afin de mieux se prendre en charge.
III- Contexte et Justification du projet
La lutte contre l’immigration clandestine étant d’actualité et vu le flux migratoire croissant, les Pays du Nord du Sahara (Maroc, Mauritanie, Algérie, Libye, Tunisie) ont adopté une politique draconienne ne facilitant pas l’accès aux candidats pour l’Europe.
Venant de tous les pays d’Afrique, les candidats à l’immigration clandestine désireux de se rendre en Europe, sont rattrapés par la police de frontière et reconduit systématiquement dans le désert du Sahara (Tinzawatin) au nord du Mali pour certains et d’autres à Gogui à la frontière Mauritano- Malienne. Abandonnés à eux –mêmes, ils convergent vers Bamako (Capitale du Mali) afin de survivre et de trouver assistance.
IV- Problématique.
Suite aux refoulements et déportations massifs orchestrés par les pays du Nord du Sahara dans la lutte contre l’immigration clandestine, les migrants se retrouve déconcertés et abandonnés à eux-mêmes au Mali (Pays d’accueil) sans assistance, ni protection, se livrant à des activités non désireuses afin d’assurer leurs survies quotidiens aux risques de leurs vies, ne vivant que de la générosité de leurs connaissances.
Ayant en son sein plus d’une centaine de membres, tous ressortissants d’Afrique centrale sans logement fixe et vivant dans une précarité extrême au quotidien. Conscient de son état, et soucieux de son devenir ARACEM dans son programme d’assistance et d’entraide met sur pied le projet « Secours aux migrants » afin de lutter contre cette précarité de vie.
V- Objectifs :
Le projet « Secours aux migrants » a pour objectifs :
- Générer des ressources financières afin de subvenir aux besoins de l’Association et de ses membres.
- Offrir à ses membres une activité afin d’éviter le vice, le besoin et l’ennuie.
- Assister et améliorer les conditions de vie des migrants d’Afrique centrale résidant à Bamako.
- Eviter aux migrants de se retrouver en situation de criminalité pour assurer leurs survies.
VI- Résultats Attendus
- Le projet génère des ressources qui permettent à ARACEM de subvenir à ses besoins et à ceux de ses membres.
- Les membres de l’Association mènent une activité qui les permet d’éviter le vice, le besoin et l’ennuie.
- Les migrants d’Afrique centrale résidant à Bamako sont assistés et voient leurs conditions de vies améliorées.
- Les migrants ne sont pas en situation de criminalité pour assurer leurs survies.
VII- Groupe cible.
Le projet a pour Groupe Cible plus d’une centaine de refoulés (hommes, femmes, enfants) tous ressortissant d’Afrique centrale.
VIII- Stratégie de pilotage
Le projet sera exécuté par les bénéficiaires c'est-à-dire les refoulés eux-mêmes et supervisé par les responsables de l’Association ARACEM.
IX- Déroulement du projet
Dès acquisition du financement, les sites pouvant abriter les postes téléphoniques (Prismo Systèmes) serons identifiés. Les matériels pour la confection des box seront achetés (Chaises, Tables, Tabourets, Parasol, etc.…). Une tenue sera confectionnée afin de faciliter l’identification du personnel.
Une séance de formation dans la technique et le système de pointage seront observés pendant une journée. Après le démarrage effectif des activités, un système de contrôle sera mis sur pieds afin de coordonner le bon fonctionnement de l’activité.
04 mars 2008
A.R.A.C.E.M buts & objectifs pour les refoulés...
But :
Rassembler et accueillir tous les refoulés/ déportés ressortissants d’Afrique centrale vivant en Afrique de L’ouest afin de consolider les liens de solidarité et d’entraide.
Objectifs :
Prise en charge des refoulés/ déportés
Dénoncer les violations des Droits de la personne et
discriminations
Encourager et faciliter le retour volontaire des
migrants dans leurs pays d’origine
Sensibiliser le candidat à l’immigration sur les risques, dangers, et les conséquences du
parcours clandestin.
Activités :
OUVERTURE D’UN SALON DE COIFFURE HOMME
ORGANISATION D’UNE SEMAINE CULTURELLE LORS DE LA JOURNÉE DE L’INTÉGRATION AFRICAINE
REMISE DES DENRÉES ALIMENTAIRES AUX REFOULÉS D’AFRIQUE CENTRALE DETENUS A LA MAISON CENTRALE D’ARRET DE BAMAKO
REMISE DE DENRÉES ALIMENTAIRES AUX REFOULÉS D’AFRIQUE CENTRALE VIVANT AU GHETTO A MAGNAMBOUGOU
REMISE DE VETEMENTS, DRAPS, COUVERTURES, KITS SANITAIRES AUX REFOULÉS D’AFRIQUE CENTRALE AU MALI
ORGANISATION DES OBSÈQUES ET INHUMATION D’UN REFOULÉ D’AFRIQUE CENTRALE AU CIMETIÈRE CATHOLIQUE DE BAMAKO COURA
ORGANISATION D’UNE JOURNÉE SPÉCIALE POUR RECUEILLIR LES TÉMOIGNAGES DE MIGRANTS D’AFRIQUE CENTRALE EN VUE D’ÉCRIRE UN LIVRE
ARACEM
est composée d’une équipe dirigeante de 06 personnels et possède en son sein 148
membres immigrants/déportés originaires des pays suivants : Cameroun,
Congo Brazzaville, République Démocratique du Congo, Tchad, République
centrafricaine, Guinée Equatoriale, Gabon et répartis comme suit :
- Cameroun : 66 migrants
- Congo Brazzaville : 23 migrants
- R.D.Congo : 38 migrants
- Tchad : 12
migrants
- République centrafricaine : 06 migrants
- Guinée Equatoriale : 01 migrant
- Gabon : 02
migrants
Tous refoulés et Déportés dans les conditions inhumaines ces 148 migrants ressortissants d’Afrique centrale, sont pris en charge par ARACEM et logés dans un immeuble abandonné de 20 chambres.
Nous travaillons en avant tout pour vivre dans la dignité et le respect pour nos frères et soeurs !!!
28 février 2008
Fond de solidarité natonial
Le 12 février était organisé une journée de dons en faveur des migrants.
Nous avons pu ainsi récolter des outils essentiels tels que draps, couvertures, kits sanitaires, vêtements pour hommes, femmes & enfants dont nous manquions cruellement.
L'organisation de ce don va nous permettre de vivre un peu plus dignement durant quelques mois.
03 novembre 2007
Reportage Vidéo France 24
Un témoignage essentiel sur You Tube sur les conditions de vie dans le Ghett à Bamako :
http://www.youtube.com/v/wZ6spvXJbzU&rel=1
01 mai 2007
Demande de parrainage - texte de présentation
Demande de parrainage des activités marquants la journée de l’intégration africaine
Très cher, le saviez-vous ?
Nos jeunes frères et sœurs se trouvent en danger.
Ils sont plus de 11000 dans toutes les villes d’Afrique, plus de 6000 au MALI, et presque 3500 à bamako.
Ce sont les enfants de l’Afrique, ce sont vos enfants.
Ils ont provoqué les mêmes douleurs à la naissance que tout autre enfant .
Ils ont la capacités d’êtres utiles à la société .
Ils ne sont pas des malfaiteurs, mais de simples et dignes voyageurs victimes du phénomène de l’immigration clandestine.
Ils ont été déversés dans les milieux invivables par leurs semblables.
Certains d’entre eux sont morts.
Ceux qui vivent de nos jours souffrent énormément et ont même des séquelles psychologiques.
Ils n’ont pas d’abris, ne se lavent pas, ne mangent pas, n’ont pas accès aux soins médicaux, ayant des problèmes vestimentaires, manquant de papiers d’identification, ils dorment partout ou la nuit les trouve.
Aujourd’hui certains sont volontaires pour prendre le chemin du retour au pays de départ, mais manquent de moyens pour le faire.
Sachant que naître et ne point servir est comparable à ne jamais exister, de même qu’il est loin aujourd’hui de parler de l’intégration des pays africains, ils, ces jeunes issus de plusieurs pays de ce cher continent voudraient à travers des activités précises, apporter leurs contributions à une édification réelle de l’intégration des peuples africains.
L'association vit et crée des avtivités pour ses membres
Dimanche 20 mai 2007
- Messe à la cathédrale de BAMAKO
Lundi 21 mai 2007
- Visite à l’hôpital Gabriel Touré
Mardi 22 mai 2007
- Visite à la prison centrale de BAMAKO
- Remise du document des émigrés à son excellence Mr le ministre des maliens de l’extérieur et de l’intégration Africaine
Mercredi 23 mai 2007
- Kermesses – jeux et attractions diverses
- Demi- finale de football
Jeu
