22 octobre 2006
Carte des migrations
Témoignages de Roméo N.
Tout commence un 25 janvier 2004 lorsque mon frère parti deux semaines plus tôt m'invite à le rejoindre au Bénin. Il souhaite voyager vers le Maroc avec moi afin de rejoindre les terres européennes via l'Espagne. J'accepte de le retrouver au Bénin après avoir réussi à emprunter une grosse somme d'argent puisqu'il a été dépouillé de tous ses biens au Nigéria voisin.
Nous décidons ensemble de passer une saison au club de football Béninois "As Tonnerre de Bohicon" durant sept mois afin de pouvoir vivre le quotidien et mettre suffisamment de côté pour notre aventure. Nous poursuivames donc notre aventure après une halte au Niger de quatre mois passés a économiser au sein du club de première division "l'Aigle d'Agadez"...
Après avoir mis suffisamment d'argent de côté pour payer notre voyage et les futurs passeurs, nous arrivons aux portes de l'Algérie, prêt à affronter le Sahara durant deux semaines très difficiles. Nous effectuâmes le voyage à pieds jusqu'à atteindre Maghnia : http://www.newpressphoto.com/Newpress/banque/Societe/ouahabmaghniya/planche.htm
A Maghnia, nous ne pouvions donner les 2000 euros demandés par les passeurs pour atteindre les côtes espagnoles et nous décidâmes de partir vers le Maroc pour affronter les enclaves espagnoles de Ceuta & Melilla. 
Nous voulions absolument franchir cette barrière comme tant d'autres avant nous avaient essayé. Ayant réussi plusieurs fois à passer le premier barrage, nous nous faisions refoulés et nous nous résignâmes à rejoindre le village de Oujda afin d'essayer de payer nos tickets de passage...
Après six mois passés en vain à obtenir les moyens financiers pour pouvoir traverser, nous nous faisions arrêtés un jour par les autorités marocaines dans un Cyber café et nous fûmes refoulés jusqu'à Tizawati à la frontière algéro-Malienne.
Un 15 juillet 2006 (soit deux et demi après mon départ de Douala), nous reprenions la route du désert en sens inverse avec 11 autres camarades pour enfin rejoindre Kidal (Mali) dix jours plus tard.Après avoir été recu par les autorités de la ville, nous regagnâmes Bamako, la capitale, une semaine plus tard ou nous avons trouvé refuge jusqu'à présent.
Durant ce voyage, j'ai reçu des coups, perdu des personnes chères laissés en chemin et enfin perdu l'amour de ma vie. Ma seule motivation est ma famille laissé au pays pour laquelle je suis encore prêt à me battre et que je dois sortir de la misère.
Roméo N. romeo4love13@yahoo.fr
16 octobre 2006
Etat des lieux
Confrontés aux dificulté financières, aux conflits sociaux graves dans leur pays, des dizaines de milliers d'individus, des postulants au voyage traversent des terres, des déserts et des mers et se retrouvent en situation illégale aux portes des pays riches.
Les pays occidentaux, l'Europe sont devenus des forteresses, comme au temps des invasions. Et ces forteresses élèvent des remparts pour fabriquer des conditions d'accueil qui vont pour la plupart à l'encontre des valeurs humaines (dignité, liberté, égalité...).
Dans les pays où ils se sont déportés la situation des immigrés est de plus en plus désespérée. Les comportements qu'ils découvrent sont discriminatoires voire racistes, ces comportements sont publics ou privés, individuels ou collectifs et fortement induits et légitimés par la suspicion généralisée. Les administrations participent à ce mouvement de rejet. (Exemple: tout demandeur d'asile politique est forcément un faux candidat au statut de réfugié, et tou mariage dont un conjoint est un etranger est un supposé mariage blanc).
De plus les migrants débarquent dans des pays actuellement en crise qui pris dans leurs propres contradictions, et leur choix de la recherche du profit maximum laissent une partie de leurs populations dans la misère. Les migrants sont d'emblée aspirés par cette spirale et subissent l'assaut de la misère. Ils n'ont même pas le droit en général à un hébergement décent alors que certains travaillent et paient des împots. Ils sont entassés dans des logements insalubres contre des loyers souvent supérieurs aux loyers des HLM.
Les discriminations à l'emploi et au logement ne sont pas les seules sources de difficultés d'existence des immigrés dans les pays occidentaux. L'administration y apporte sa contribution. Les conditions humiliantes et les tracasseries qui jalonnent le parcours de candidats à l'obtention d'un titre de séjour. Quant aux sans papier, ils sont réduits à se terrer pour echapper aux rafles et aux expulsions sauvages. Ils servent souvent de boucs émissaires pour camoufler les echecs en matière de politique sociale.
Malgré ce constat, les candidats à l'émigration tentent tout pour se retrouver aux portes des pays "riches" :
- Ils passent des réseaux clandestins presque mafieux
- Ils traversent des évènements dramatiques comme l'enclave espagnole de Ceuta et Melilla où police marocaine et espagnole se donnent la main pour traquer les candidats à l'émigration vers l'Europe, sachant que certains arrivent à franchir les obstacles tandis que d'autres y laissent leur vie.
- Arrivés, ils sont parqués dans des zones de non droit et se font expulsés sans ménagement, les autorités les laissant dans le dénuement le plus total aux portes du désert. Ce sont parfois des femmes enceintes, des enfants, des hommes blessés, mais cela ne change rien.
Il suffit d'aller voir dans la rubrique "Témoignages" de ce blog pour se rendre compte de la situation de certains d'entre eux...
Jeanne R.
13 octobre 2006
Du concret du concret...
Bien entendu, les besoins sont urgents :
- Médicaments : notamment pour soigner tous les maux du quotidien (tête & estomac), pour se proteger des moustiques (paludisme), pour rendre l'eau potable...
- Des dons pour pouvoir vivre au quotidien, même des petites sommes ne sont pas ridicules (regardez dans vos tiroirs vos pièces jaunes sauf si mme Chirac les a déjà avalé...).
- Un ou deux téléphones portables afin de pouvoir communiquer...
- Des vêtements, on essaiera au mieux de les acheminer...
- Des contacts en occident pour pouvoir communiquer (leur ecrire : aracemvie@yahoo.fr) et partager, c'est essentiel !!!!
- Et tout ce à quoi nous n'avons pas pensé, vos idées c' par ici : stephan_bt@hotmail.com
MERCI D'AVANCE A TOUTES ET A TOUS....
De l'espoir dans les yeux ....
Bamako - Septembre 2006
Nous sommes partis ensemble, caméras à la main, reccueillir la parole de ceux qui souffrent aux portes de l'occident. Nous n'avions pas d'idées préconçues, ni de clichés dans la tête, juste l'envie de changer un peu le cours des choses en prêtant notre attention aux autres et en restituant leurs douleurs et leurs espoirs. Nous voulions savoir "Pourquoi ?", pourquoi l'on migre, pourquoi l'on va cherhcer ailleurs, pourquoi on prend le risque de mourir pour passer de l'autre côté, pourquoi ce besoin de traverser, d'aller voir plus loin que chez soi, d'embrasser une autre terre ???
Nous avons reccueillis les mots embarrassés, la parole comme condamnée depuis des mois, les rêves brisés sur les barbelés ou morts en haut des dunes, nous avons échangés autour de nos expériences, nous nous sommes tus devant la souffrance et le désespoir, nous avons partagé des sourires et des élans de joie même... et nous ne pouvions dès lors pas repartir sans offrir à tous ces jeunes hommes et femmes d'autres perspectives.
Car tous ont caressés l'espoir de franchir la forteresse Europe, tous ont subi les privations, les humiliations, la souffrance et la soif dans le désert, la honte de mendier ou d'avoir faim et ils sont depuis des mois à errer entre leur pays d'origine et le Maroc ou l'Algérie, sans papier ( leur passeport leur ayant été confisqué par les autorités). Ils vivent ainsi dans des conditions inacceptables à Bamako, à plus de 10 entassés dans des chambres de 9m2, n'ayant pour la plupart ni accès à l'eau, ni aux soins, ni aux ressources nécessaires pour s'alimenter normalement.
Malgré tout, ces rencontres ont suscité de l'espoir chez ses jeunes qui se disent refoulés, rejetés, car tout à coup dans l'echange, ils ont pu sortir de leur isolement. Une semaine après notre départ, ils se sont constitués en association, ouvert une boîte postale et souhaitent souscrire un compte bancaire.
Nous leur avons donc proposé de les soutenir à notre retour en France en essayant d'alerter nos camarades militants et le réseau associatif. Nous mettons en place une structure informatique (ce blog) afin que chacun d'entre eux puissent s'exprimer, expliquer leurs motivations, partager leurs espoirs et leurs difficultés et surtout créer un réseau de solidarité Nord/Sud leur permettant d'être soutenu dans leurs projets et leur quotidien.
Alors n'hésitez pas à les soutenir en postant ici vos commentaires, en leur laissant un mail perso, en visitant la page BESOINS URGENTS afin que je puisse récolter vos dons rapidement... Merci d'être solidaire en étant tout simplement humain...!!!




