26 mars 2008
Appel
Au delà des souffrances endurées, des violences subies, les
migrants d'Afrique centrale résidant au Mali ont pu à travers
l'ARACEM se rebatir un moral et retrouver peu à peu l'espoir
jadis perdu.
L'association dans l'optique de permettre à certains de ces
membres désireux de s'insérer socialement au Mali et pour
d'autres dont le désir ardent est de retourner dans leurs
pays d'origine, a monté des projets que vous trouverez
dans la catégorie( projets).
Ne pouvant y faire face seule, ARACEM lance un appel
aux organismes, associations, Ongs et particuliers
pour un soutien et appui technique, matériel et
financier.
Naissance de l'ARACEM
Au terme d'un forum organisé à Bamako du 09 au 12 septembre
2006,commémorant les évènements de Ceuta et de Mélilla,nous
migrants d'Afrique centrale avons décidé de créer une association
dénommée A.R.A.CE.M, en vue de nous réunir pour mieux exprimer
les difficultés que nous rencontrons et vivons dans ce pays de
transit de migrants.
Le 30 Novembre 2006, l'association fut déclarée au niveau du
Ministère de l'administration territoriale et des collectivités
locales(MATCL) dans le bureau du courrier et enregistré sous
le No 10841 et, ce même jour, les signatures de trois(03)
membres du bureau( président,sécrétaire géneral, trésorier)
furent légalisées à la mairie de la commune VI sur le numéro
de coupon du trésor public: 2260028
Quelques temps après, c'est à dire, le 19 Décembre 2006, après
réception du dossier de l'association contenant:
-Deux copies certifiés conforme des statuts
-Deux copies certifiées conforme du règlement intérieur
-Deux copies certifiées conforme du PV de l'assemblée générale
constitutive de l'association
-Deux listes de présence de l'assemblée générale constitutive de
l'association
-Deux copies de déclaration de création d'association dont l'une
timbrée
L'association reçue du bureau du MATCL le No de bordereau
0347/DNI, nous envoyant vers les bureaux de la direction
régionale de la police nationale(DRPN)-DB ou le 28 décembre
2006 le No de bordereau 3298/DGPN nous fut attribué.
Dès ce jour, l'épreuve la plus redoutable que connurent les
membres du bureau de l'ARACEMcommença car, durant presque
deux(02) mois, les enquêtes de moralité de chaque membre
furent éffectuées dans l'enceinte du commissariat du 7e
arrondissement par l'adjudant chef NIARE.
Après étude et signature du résultat d'enquête par le
commissaire BACARY KONE, le No 0026/7eA nous fut attribué
le 30 Janvier 2007.
Notre dossier emprunta alors le chemin retour en nous laissant
dans un suspense inédit.C'est ainsi qu'en repassant par la DRPN
sous No de bordereau 0157/DRPN/DB, qui nous fut attribué le
28 Février 2007 par Mme TRAORE et le 05 Mars 2007,
M. DOUMBIA et M. TEME du bureau du courrier confidentiel de la
Direction générale de la police nationale(DGPN) attribuèrent à
notre dossier le No de bordereau 0127/DGPN.
Le 06 Mars 2007, le No 057/DAP nous fut attribué à la Direction
nationale de l'intérieur(DNI).Par un jour ensoleillée du Vendredi
16 Mars 2007 à 11h45 précises, le recépissé de légalisation
(autorisation d'association étrangère à but non lucratif en
république du Mali) nous fut remis par Mme DICKO AWA
COULIBALY et enregistré sous No 0044/MATCL/DNI .
Nous remercions tous ceux qui de près ou de loin, ont contribué
pour l'obtention du recépisséde légalisation de l'ARACEM et, à
travers ce document, nous osons croire qu'une barrière de
plus posée sur le long tunnel que nous avons emprunté,
a été franchie.
25 mars 2008
Pièce théatrâle "ESSINGAN"
ESSINGAN est une pièce théatrale qui met en exerque un groupe de
jeunes voyageurs de nationalités différentes qui se rencontrent à
Bamako, principale ville de transit.
Ensemble,ils décident d'aller jusqu'aux enclaves de Ceuta ou de Mélilla
afin de regagner l'Europe, ceci en traversant le désert du sahara,
l'Algérie et le Maroc.
Tout au long de cette pièce théatrale, ces onzes jeunes et dignes
voyageurs qui au départ, n'avaient qu'une seule idée: celle de PASSER,
mais que les politiques actuelles ont transformé en vulgaires clandestins.
Ils retracent point par point la genèse de leurs départs forcés, les
arnaques vécues, les souffrances physiques, morales, psychologiques
endurées, dénoncent également les violences subies.
La phase la plus dramatique reste le refoulement subit qui les reconduira
jusqu'aux portes d'un notre pays qui alors, devenu pays de blocage pour
eux, et où malheureusement ils seront contraints d'érrer,
vagabonder, allant jusqu'à commettre des larcins pour survivre.
ESSINGAN est joué par les membres de l'ARACEM, et en dehors du
caractère de sensibilisation qu'elle revêt,cette pièce théatrale permet
également au public de vivre et d'avoir de plus amples informations sur ce
phénomène qu'est l'immigration.
Pour des representations, n'hésitez pas à nous contacter!
21 mars 2008
Opération Retour volontaire des membres de l'Aracem dans leurs pays d'origine
Résumé du projet :
La majorité des migrants arrêtés dans les pays du Maghreb sont reconduits aux frontières du Mali dans les conditions dramatiques. Ils sont dépossédés de tous leurs biens et déposés à Tinzawatin ou à Gogui dans le désert du Sahara.
Les survivants de ces refoulements qui parviennent à atteindre Bamako (excepté les Maliens qui vont en famille) se retrouvent dans la rue, sans papiers et sans revenus, livrés à eux même, ils vivent dans les gares routières, les marchés et dans les quartiers périphériques ou certains s’entassent à 10 ou 15 dans les chambres de 4 m²
La majorité des migrants refoulés au Mali en situation difficile sont des ressortissants Camerounais et Congolais, c’est pour quoi l’Association des Initiatives de Développement (AIDE) et l’Association des Refoulés d’Afrique Centrale au Mali (ARACEM) ont décidés d’intervenir pour organiser le retour volontaire de soixante dix (70) Camerounais et congolais dans leurs pays d’origine.
Objectifs :
- favoriser le retour de 70 migrants Congolais et Camerounais bloqués au Mali.
- Eviter à 70 migrants refoulés de se retrouver en situation de criminalité pour assurer leur survie.
- Permettre à 70 migrants en situation d’échec, de retrouver chez eux la confiance pour se reconstruire et, porter un message de sensibilisation sur les réalités de l’immigration clandestine vers l’Europe.
Résultats attendus :
- 70 migrants refoulés bloqués au Mali retrouvent leur pays d’origine.
- Dans leurs pays d’origine, ils sont en meilleure situation d’accueil, de réinsertion socio-économique, en milieu familial, les migrants ne sont pas en situation de criminalité pour assurer leur survie.
- Dans leurs pays d’origine, en milieu familial, les migrants reprennent confiance, ils se reconstruisent à partir de l’échec de leur projet de migration. Des migrants au retour dans leur pays sont porteurs de messages de l’immigration clandestine vers l’Europe.
Zone d’intervention :
- Ville de Bamako et banlieues
- Durée de l’opération 4 mois
Période d’exécution :
- Dès acquisition du financement
Contexte/justification
Les réalités de la migration irrégulière vers l’Europe sont-elles que les migrants se retrouvent déconcertés en parcours, au delà des risques et danger physiques, des conditionnalités de vie, les migrants sont confrontés aux arrestations, emprisonnements, et reconductions systématiques aux frontières de passages. Ceux qui parviennent à survivre sont bloqués dans les centres urbains, ne vivant que de la générosité de leurs connaissances.
Actuellement la ville de Bamako abrite des milliers de migrants subsahariens refoulés des pays du Maghreb. Ces survivants vivent des situations d’extrême précarité et, souhaitent retourner dans leurs pays quelques soit les moyens.
L’opération retour volontaire au pays d’origine est une réponse aux besoins de plusieurs dizaines de migrants qui veulent retourner dans leurs pays pour sortir de l’échec de leur projet de migration et, se reconstruire un avenir chez eux dans leurs pays.
L’opération retour volontaire est certes une action humanitaire, cependant elle revêt également un caractère de sensibilisation. Le retour volontaire d’un migrant au pays d’origine est une action de sensibilisation pratique sur les réalités de l’immigration, le migrant retourné au pays est en soi (lui-même) l’expression de risques et dangers encourus dans le parcours clandestin.
Stratégie d’intervention :
1- Mise en place de la cellule d’écoute et d’organisation du voyage
2- Localisation, indentification des candidats au départ.
3- Ouverture d’un registre de migrants identifiés.
L’équipe opérationnelle :
- Deux agents de terrain : chargés de la localisation, identification et de
l’écoute des migrants.
- Un superviseur : il coordonne les activités, il est le responsable du voyage et de la gestion administrative et financière de ce projet.
Activités :
1º) – Localisation et identification :
Situer les lieux, points de regroupements, quartiers périphériques ou
se trouvent les Camerounais et Congolais.
Identifier les candidats au départ, l’accompagner ou lui faire indiquer
La cellule d’écoute.
2º) – Ecoute :
L’écoute du migrant, son témoignage, son enregistrement au
répertoire
3º) - Organisation du voyage retour :
programmation, organisation technique, démarches administratives
pour les groupes de voyage.
Extraits de témoignages
TRAITEMENT ET CONDITIONS DE DETENTIONS
ALBERT, camerounais ,28 Ans, membre de l’ARACEM
INSALAH
Le commissaire en place était réputé pour sa maltraitance. Tous les migrants qu’on acheminaient vers ce lieu savaient qu’une fois le pied à terre, recevraient une bastonnade de bienvenue. Le vieux comme l’appelaient les migrants rejetait à chaque fois qu’il savait que les migrants avaient toujours de l’argent sur eux. De ce fait, nous privant de rations journalière, il avait ouvert une boutique dans l’enceinte de la cellule de refoulement gérée par un policier .Donc pour ce nourrir durant tout le séjour dans cette cellule, il fallait acheter à la boutique ou alors rester affamé. On réussissait à ne pas en mourir parce qu’il y avait la solidarité entre nous.
ABUS DE LA POLICE
GEORGES, centrafricain, 26 Ans, membre de l’ARACEM
TAMANRASSET
Parfois le jour, les policiers entraient dans la cellule ,franchement on ne savait le pourquoi .Quand ils ressortaient ,deux ou trois heures de temps après revenaient très nombreux ,armés de matraques ,ils bastonnaient ,fouillaient tous les sacs , et emportaient avec eux bijoux ,argent ,portables ,et parfois passeports .
DESCRIPTION DE TINZAWATIN
ABDOULAYE, Tchadien ,28 Ans, membre de l’ARACEM
Frontière Algéro-Malienne, situé en plein désert, ou vivent deus groupes de personnes bien distinctes. Un premier groupe composé d’algériens vivant dans une grande cité électrifié, avec de l’eau potable, bref disposant des conditions nécessaires pour mieux se sentir dans sa peau.
De l’autre coté ,vit un deuxième groupe composé des migrants refoulés camerounais ,congolais ,tchadiens ,centrafricains ,maliens ,libériens ,nigérians ,Bangladesh, etc.…….les tempêtes de sable y surviennent à chaque cinq minutes ,on touche à peine le soleil de la main, les pluies sont inexistantes ,bref c’est l’enfer.
Extrait 5
TRAITEMENT ET CONDITIONS DE DÉTENTIONS
MOULOUNGUI, Congolais, 20 Ans, membre de l’ARACEM
TAMANRASSET La bastonnade que nous recevions chaque jour était dut à notre protestation contre l’arrivée tardive de la ration qui était faite de deux baguettes de pain par jour par personne et d’un kilogramme de lait en poudre pour cinq personnes pendant deux jours. Tout ceux qui tombaient malades pendant mon séjour dans cette cellule qui était d’un mois, ne recevaient rien comme médicament. Le robinet d’eau à boire se trouve près des latrines où hommes, femmes, et enfants sont amenés à se rendre sans distinction, de jour comme de nuit, sans avoir honte.les policiers algériens perchés sur des remparts, deviennent plus nombreux à chaque fois que c’était le tour des femmes de se baigner. Nous les insultions, lancions des morceaux de pains secs restés dans la cellule.
VIE DANS LES ROCHERS A TAMANRASSET
PATIENT, Camerounais, 29 Ans membre de l’ARACEM
Ayant passé toute la journée aux buses comme les autres, à la tombée de la nuit, j’avais recommencé la marche au sens inverse pour regagner les rochers. Il y en avait trois où nous dormions, le mien était le dernier c à d le plus éloigné. A l’intérieur, on s’éclairait parfois avec des bougies mais le pus souvent, à l’aide des petites torches à la lumière bleue. Dans ces rochers on trouve des souris, des scorpions et parfois des serpents et, DIEU m’a tellement protégé car, durant mes trois mois de séjour dans ces lieux, mes camarades et moi ne nous sommes pas plaints d’une éventuelle morsure comme s’en était le cas auparavant. Parfois les policiers arrivaient là-bas lors des multiples rafles, mais, ces rochers ont tellement des galeries qu’il leur était difficile de nous prendre tous car le chef nous avait montré deux sorties cachées et je suis sur que même JAMES BOND ne les aurait trouvé
Extrait 4
CONDITIONS D’ARRESTATION
RODRIGUE B. Centrafricain 24 Ans, membre de l’ARACEM
TAMANRASSET
Nous étions nombreux au départ de TAMANRASSET pour GHARDAIA. A l’agence, nous avons été scindé par groupe de cinq noirs dans les différents véhicules. Dans le mien, nous étions sept noirs dont cinq subsahariens et deux algériens de peaux noirs. Ayant traversé différents contrôles sans être pris, juste au moment où le chauffeur stoppant le véhicule pour une pause urine, tout le monde étant descendu, un véhicule militaire de passage s’arrêta. Tous les noirs y compris les deux algériens furent arrêtés et reconduits à INSALAH sans vérification de papiers ou autres explications. Malgré le fait que les deux algériens parlaient arabe, ils ont du aussi abandonnés leurs bagages comme nous dans le bus qui continua son trajet. Tout ceci pour la simple raison que nous étions noirs.
TRANSPORT DANS LES CAMIONS MILITAIRES
MARTHE, Camerounaise ,19 Ans, membre de l’ARACEM
Pendant toute la nuit, on a roulé et DIEU seul savait combien nous étions à l’arrière de ce camion entassés comme des sardines dans une boite. Le chauffeur après avoir quitté le goudron, au lieu de rouler sur du sable, le faisait plutôt sur les énormes pierres. A l’arrière du véhicule, avec toutes ces secousses, on se cognaient les têtes, fronts, basculant d’un coté à l’autre, et ceux qui étaient aux extrémités c à d près des barres de fer se blessaient au point ou une maman congolaise qui se faisait refouler avec sa fille est morte sur le champ après avoir cogné la tête à une barre de fer. On criait et ça ne leur disait rien. Pour pisser, c’était mieux pour les hommes car ils tendaient juste leurs sexes au dehors et le faisaient malgré les secousses. De notre coté, pour nous soulager on allait à l’arrière du camion pour le faire. Ça sentait mauvais mais les autres nous comprenaient et ne nous en voulaient pas. A l’arrivée à TINZAWATIN, il y avait beaucoup de blessés, de personnes avec des membres fracturées, ils nous ont laissés en disant « voilà le Mali de l’autre coté »
CONDITIONS DE FEMMES
SOLANGE, Congolaise, 20 Ans, membre de l’ARACEM
TAMANRASSET
J’ai été arrêtée comme beaucoup d’autres au niveau de l’université. Arrivée au commissariat, le groupe de filles a été séparé de celui des hommes pour subir aussi la fouille. Mais, ce que nous avons subi était plus qu’une fouille. Ils ont commencé par toucher les cheveux, les seins, mettre les mains dans nos fesses, toucher nos pubis en nous disant que cette fouille systématique était dut au faite que les femmes transportent souvent les stupéfiants et qu’elles les cachent dans ces lieux. Ils le faisaient en riant et on avait tellement peur, tremblaient, et on ne pouvaient pas se défendre
Extrait 3
EXTRAIT 3
CONDITIONS D’ARRESTATION
MPENZA, Congolais 32 Ans, membre de l’ARACEM
CASABLANCA
J’étais à Casablanca depuis presque un an déjà, six mois plutôt, ayant déposé une demande d’asile au HCR, j’ai reçu un récépissé de demande d’asile après étude de mon dossier. Jusqu’ici j’avais eu la chance de n’avoir jamais été interpellé.un jour en sortant de la mosquée, trois policiers marocains m’interpellent, les ayant montré la photocopie certifiée conforme de mon certificat du HCR, ils l’ont déchiré en disant qu’il était faux, et j’ai été conduit aussitôt au commissariat.
ABUS DE LA POLICE
OLIVIER Camerounais ,19 Ans, membre de l’ARACEM
NIGER (ARLIT)
Arrivé à l’agence AIR transport d’ARLIT en provenance de NIAMEY, deux policiers nous abordent et aussitôt nous sommes conduits au poste de police. Après avoir parlé longtemps avec un Monsieur à travers la fenêtre de notre cellule, l’ayant fait comprendre que nous ne disposions pas d’argent, notre cellule fut ouverte et avons été conduits à l’arrière du bâtiment du commissariat, brutalisés, fouillés, ainsi que nos sacs, ils ont pris les 140.000 FCFA que nous avions .après ils nous ont mis 40.000 FCFA nous disant que la somme prise était le payement de droit de passage sur le sol nigérien.
TRAITEMENT EN PRISON ET CONDITIONS DÉTENTIVES
ALAIN, Tchadien 25 Ans, membre de l’ARACEM
TETOUAN
Attrapés après tentative échoué du coté de CEUTA, avant mon refoulement à OUJDA,j’ai eu l’honneur de passer quatre nuits à TETOUAN dans une maison abandonnée qui sert de commissariat non officiel ou encore de lieu de package de migrants arrêtés à CEUTA. Entassés tous dans une chambre de presque 6 m2
Nous avions droit à une pause urine par jour et à une baguette de pain et de l’eau chaque soir.
Extrait 2
CONDITIONS DE FEMMES
JULIENNE, Camerounaise, 22 Ans, membre de l’ARACEM
TETOUAN
Cette chambre puait, déjà deux jours que nous étions là, les autres femmes comme moi n’avaient pas encore pris de bains. Très tôt ce jour, les policiers étaient entrés et avaient bastonné tout le monde. Les garçons avaient voulu nous protéger, mais néanmoins nous avions reçu quelques coups. Lors des sorties du soir pour aller au petit coin (faire des besoins), les femmes généralement y allaient après tout le monde et une fois dans les allées, certaines étaient conduites à part, et elles revenaient dans la cellule bien après que les autres soient rentrées, en nous informant qu’elles avaient été violées par deux ou trois policiers. Moi j, ai eu la chance de n’avoir pas été victime.
CONDITIONS DE VIE À TINZAWATIN
ONANA, Camerounais ,20 Ans, membre de l’ARACEM
Les migrants vivent dans des huttes presque détruites .le forage datant je ne sais de combien d’année est complètement détruit. Et à cet endroit reste juste un gros trou avec à l’intérieur une eau d’une couleur verte avec laquelle on se lave et lave nos vêtements. Parfois il y a de ravitaillement d’eau potable par des camions citernes. Dans les ghettos, il y a plein de puce malgré le fait qu’on nettoie à chaque moment.
Les maladies de la peau (gale et teigne) sont fréquentes .le ravitaillement alimentaire (sucre, tapioca, et autres) proviennent le plus souvent de KIDAL dans les convois ou véhicules qui accompagnent le plus souvent les migrants (candidats au départ) qui passent par là.
Il n’ y a pas de places privilégiées dans les ghettos pour les femmes ou pour les enfants.
il est strictement interdit de dormir dehors à cause des violentes tempêtes de sable dans la nuit .les maladies fréquentes hormis celles de la peau sont le stress et les maux de tête dues au soleil et aux multiples réflexions. Pas de toilettes, les besoins se font loin des ghettos, partout, à l’air libre, il suffit juste de recouvrir avec du sable.
VIE A TAMANRASSET
PASCAL, Centrafricain, 19 Ans, membre de l’ARACEM
En hiver, les policiers s’amenaient au rocher, profitant du fait qu’on soit allés au centre ville, ils brûlaient toutes nos couvertures. Quand ils nous coinçaient au centre ville dans les buses, pour les échapper, on les lançait les selles qui s’y trouvaient car c’est à cet endroit que la majorité des camions de vidanges de la ville de TAMANRASSET viennent déverser leurs contenus.
Secours aux migrants
Projet d’assistance aux Refoulés et déportés ressortissants D’Afrique centrale vivant au Mali.
Titre : « Secours Aux Migrants »
Emplacement : Bamako/ Mali. (Centre ville)
Date de mise en œuvre : Immédiatement après financement
Durée du projet : Illimitée
I- Définition du Projet : « Secours aux migrants »
Il s’agit d’installer 100 postes téléphoniques (PRIS MO Systèmes) dans divers points d’attraction de la ville de Bamako
II- Description du projet :
Le projet dénommé « Secours aux migrants » consiste :
- A créer une activité génératrice des revenues afin de répondre aux besoins financiers élémentaires des refoulés d’Afrique centrale en situation difficile vivant au Mali (Bamako), et de leurs offrir une activité pouvant les occuper au quotidien afin de mieux se prendre en charge.
III- Contexte et Justification du projet
La lutte contre l’immigration clandestine étant d’actualité et vu le flux migratoire croissant, les Pays du Nord du Sahara (Maroc, Mauritanie, Algérie, Libye, Tunisie) ont adopté une politique draconienne ne facilitant pas l’accès aux candidats pour l’Europe.
Venant de tous les pays d’Afrique, les candidats à l’immigration clandestine désireux de se rendre en Europe, sont rattrapés par la police de frontière et reconduit systématiquement dans le désert du Sahara (Tinzawatin) au nord du Mali pour certains et d’autres à Gogui à la frontière Mauritano- Malienne. Abandonnés à eux –mêmes, ils convergent vers Bamako (Capitale du Mali) afin de survivre et de trouver assistance.
IV- Problématique.
Suite aux refoulements et déportations massifs orchestrés par les pays du Nord du Sahara dans la lutte contre l’immigration clandestine, les migrants se retrouve déconcertés et abandonnés à eux-mêmes au Mali (Pays d’accueil) sans assistance, ni protection, se livrant à des activités non désireuses afin d’assurer leurs survies quotidiens aux risques de leurs vies, ne vivant que de la générosité de leurs connaissances.
Ayant en son sein plus d’une centaine de membres, tous ressortissants d’Afrique centrale sans logement fixe et vivant dans une précarité extrême au quotidien. Conscient de son état, et soucieux de son devenir ARACEM dans son programme d’assistance et d’entraide met sur pied le projet « Secours aux migrants » afin de lutter contre cette précarité de vie.
V- Objectifs :
Le projet « Secours aux migrants » a pour objectifs :
- Générer des ressources financières afin de subvenir aux besoins de l’Association et de ses membres.
- Offrir à ses membres une activité afin d’éviter le vice, le besoin et l’ennuie.
- Assister et améliorer les conditions de vie des migrants d’Afrique centrale résidant à Bamako.
- Eviter aux migrants de se retrouver en situation de criminalité pour assurer leurs survies.
VI- Résultats Attendus
- Le projet génère des ressources qui permettent à ARACEM de subvenir à ses besoins et à ceux de ses membres.
- Les membres de l’Association mènent une activité qui les permet d’éviter le vice, le besoin et l’ennuie.
- Les migrants d’Afrique centrale résidant à Bamako sont assistés et voient leurs conditions de vies améliorées.
- Les migrants ne sont pas en situation de criminalité pour assurer leurs survies.
VII- Groupe cible.
Le projet a pour Groupe Cible plus d’une centaine de refoulés (hommes, femmes, enfants) tous ressortissant d’Afrique centrale.
VIII- Stratégie de pilotage
Le projet sera exécuté par les bénéficiaires c'est-à-dire les refoulés eux-mêmes et supervisé par les responsables de l’Association ARACEM.
IX- Déroulement du projet
Dès acquisition du financement, les sites pouvant abriter les postes téléphoniques (Prismo Systèmes) serons identifiés. Les matériels pour la confection des box seront achetés (Chaises, Tables, Tabourets, Parasol, etc.…). Une tenue sera confectionnée afin de faciliter l’identification du personnel.
Une séance de formation dans la technique et le système de pointage seront observés pendant une journée. Après le démarrage effectif des activités, un système de contrôle sera mis sur pieds afin de coordonner le bon fonctionnement de l’activité.



