Les mois précedents étaient ceux où on notait des arrivées
massives des refoulés dans le foyer. Mais depuis presque
cinq mois, la tendance a varié et c'est ainsi qu'on note de
plus en plus, voire cinq à dix personnes par semaine, l'arrivée
des jeunes de quatorze à vingt cinq ans, venant des pays
d'origine constituant ainsi la couche des candidats au départ.

Loin de nous, l'idée de les empêcher de tenter le coup, mais,
dans notre rôle d'éducateur, nous essayons tant bien que mal
de leurs montrer et faire savoir les risques et dangers du
parcours. Discours, qui parfois ne sert à rien car, sur une
dizaine, huit tentent le voyage au péril de leurs vies en
empruntant la voie du désert où la mer. Nous n'avons pas
de solutions et d'alternatives à leurs proposer sur place.
Nous les comprenons car étant passés par là, puisque
lorsqu'on décide de partir, même le bon DIEU ne peut rien.

La reponse qui revient tout le temps lorsque ces jeunes sont
questionnés sur les causes de leur départ, ils repondent:
"nous ne sommes certainement pas partis pour les mêmes
raison que vous, car lors de votre départ, ça allait mieux, mais,
aujourd'hui c'est pire qu'avant, mieux vaut mourir dans le désert,
dans la mer en ayant espoir que de rester au pays où même le
droit d'avoir espoir n'existe plus"