A.R.A.C.E.M

Association des Refoulés d'Afrique Centrale au Mali

18 décembre 2008

Situation de Gao

Les responsables de l’association des refoulés d’Afrique centrale
au Mali (A.R.A.CE.M)

Lors de leur mission d’investigation et du
travail de proximité à Gao du 11 au 15 octobre 2008 sur la
situation des migrants refoulés, il en résulte que :

Depuis longtemps, GAO a toujours été un lieu de passage pour
l’Europe, via les pays Maghrébins. Les migrants passaient pour
monter en Europe, même si, de temps en temps, ils revenaient
parce qu’ils étaient refoulés.

Presque tous les refoulés que l’ARACEM a rencontré lors de sa
mission à Gao, disent les expériences qu’ils sont entrain de vivre
aujourd’hui où, le refoulement devient une opération systématique
et organisée, appuyée par la communauté européenne en accord
avec les pays Maghrébins.

En effet, une nouvelle réalité de migrations se fait jour. Le passage
par GAO n’est plus pour Monter en Europe, c’est le contraire. Les
migrants qui s‘y trouvent cherchent plutôt à retourner dans leurs
pays d’origine. Avant il y avait des ghettos organisé pour accueillir
les gens voulant aller en Europe, depuis, ces lieux ont fermé leurs
portes ne donnant même plus aux refoulés l’opportunité de s’y
réfugier, d’où leurs présences dans les rues, les gares routières.

A Gao on retrouve Camerounais, congolais, nigérians, ivoiriens,
libériens, angolais, tchadiens, burkinabés, sénégalais, togolais etc.

Ce sont souvent des hommes célibataires, on ne voit certes
pas beaucoup de femmes et d’enfants, nous estimons à
une centaine le nombre de migrants présents sur place.


Nous y distinguons deux groupes de refoulés :


- ceux qui ont voulu aller en Europe et ont échoué

     -  ceux qui travaillaient ou étudiaient au Maroc ou en
Algérie et qui, un jour, se sont retrouvés entre les mains
des patrouilles qui les ont embarqué dans les camions de
refoulement.

Les migrants qui arrivent à GAO sont fébriles, cela dut très souvent
au long voyage qui dure pratiquement 4 à 6 semaines car, il faut
ordinairement deux semaines pour voyager entre le Maroc et
l’Algérie, quatre semaines entre l’Algérie et la frontière du Mali,
et trois jours entre Tinzawaten et Gao. Souvent fatigués
physiquement, psychologiquement et moralement, certains sont
malades.

Parmi eux, il y en a qui ont fait de la prison où les conditions
d’hygiène sont lamentables. Ils ont été victimes d’accidents pour
d’autres, et n’ont alors aucun argent pour trouver à manger,
ou renouveler leur linge.

Quant à la fatigue psychologique, plusieurs d’entre eux sont
troublés mentalement, sont devenus très agressifs à la suite
de ce qu’ils ont vu, vécu, subi pendant leur voyage,

Pour eux c’est un échec.

Leurs besoins sont multiples, cela va des frais médicaux en
passant par la nourriture et le logement, il faut y ajouter la
nécessité qui est la leur de reprendre contact avec leurs
familles, et enfin regagner leurs pays d’origine.

Gao est une ville où il y a beaucoup de pauvres, de gens au
chômage, des familles qui arrivent difficilement à se nourrir.
Ils deviennent donc très compliqués pour les immigrés de
trouver une famille capable de les accueillir et de les nourrir.

GAO est très éloigné des autres villes, Mopti est à 600 km,
Bamako à 1200 km, ce qui fait que les transporteurs
n’acceptent pas de prendre les migrants gratuitement.
La Mairie
sur place donnait auparavant des papiers
permettant de voyagersans payer ou à tarifs réduits mais,
depuis quelques mois, on ne donne plus ces papiers sans
doute suite à des abus.

La paroisse catholique, par son bureau Caritas dirigé par le père
ANSELM MAHWERA s’intéresse aux problèmes de ces refoulés,
mais se trouve souvent handicapé par le manque de ressources
financières.

S’ils demeurent en ville, sans poursuivre leur voyage, les
conditions de vies de ces migrants vont vite se détériorer.
Leur nombre croissant dans cette ville pose de plus en plus de
difficultés, entraînant entre autres des problèmes collatéraux tels :
banditisme, prostitution etc.…

Dans l’immédiat nous pensons qu’il faut secourir ces gens de
touts urgence, et trouver les sommes nécessaires pour assurer
leur subsistance (nourriture, frais de santé etc..) et aider les
candidats volontaires à regagner leurs pays d’origine.

Pour l’avenir, on ne sait pas quand ce problème va cesser, une
chose est sûre, Gao restera un lieu de passage, de transit pour
toute sorte de migrants.


ARACEM envisage la construction ou l’ouverture d’un centre
d’accueil convenable à Gao, voir comment venir en aide aux
refoulés qui sont à Kidal et Tinzawaten.

Le refoulement aujourd’hui est une réalité, l’opinion
internationale doit être sensibilisé afin que les souffrances des
refoulés soient connues pour une meilleure recherche de
solutions concrètes.

Posté par aracem à 22:15 - Activités - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


Visite de Délia Baumgartner de la BFM Suisse

le bureau fédéral des migrations Suisse en visite à Bamako,
informés de la situation dans laquelle se trouvent les migrants
étrangers au Mali, a rencontré en ce jour les responsables de
l'ARACEM.
cette rencontre d'information fut brève et promirent de relayer
l'information au niveau international et précisement en suisse.

Posté par aracem à 22:04 - Activités - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Fête de la Tabaski au foyer

Dans son programme d'assistance aux démunis et personnes en
détresse

présente sur le térritoire malien, Islamic Relief a accordé
à l'ARACEM à travers Helvetas Mali un appui composé: de trois
boeufs.

Posté par aracem à 21:47 - Activités - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Forum international Caritas

Dans la proximité avec les migrants, les caritas ont pleinement
conscience qu’elles sont aussi l’église, leurs engagements auprès
des migrants nationaux et étrangers est l’engagement de l’église
elle-même famille de DIEU.
C’est sur ces paroles que s’acheva le forum international des
CARITAS tenu du 26 au 28 Novembre 2008 à Saly (hôtel savana)
au Sénégal.

Ce forum vu la participation de plusieurs Caritas dont l’objectif
commun était de redonner de la dignité aux migrants et rendre le
phénomène de la migration plus humain.

Ainsi, étaient présents :

Les Caritas Sénégal, Mali, Maroc, France, Espagne, Belgique,
Autriche,Internationalis, Zone Cerao, Cote d’ivoire, Mauritanie,
Mallorca, Europa,

Le panel/groupe de travail, migration
(Congad), la Cimade, le CCFD, Cadev Niger, Use/Sénégal,
ARACEM représentant le Grami,le GRDR/ Caf, le Secours
Catholique, AME, la Commission épicospale justice et paix
Sénégal-Mauritanie-Cap Vert-Guinée Bisau, Catéchèse nationale
Sénégal, Rencontre et Développement (CCSA), Mouvement
Citoyen, JRS Europa.

Gestion des flux migratoires vers l’Europe et accords de réadmission,
politique de l’immigration légale et développement étaient les grands
titres de ces ateliers où des recommandations à l’égard des états
africains, de l’union africaine et de l’union européenne devaient être
faites.

Posté par aracem à 21:20 - Activités - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Remise des moustiquaires imprégnées

En ce même jour, lors de son arrivée, la représentante du CICR
transporta dans son véhicule M. Doumbia représentant du
responsable de la croix rouge Malienne dans la commune VI,
de Madame Diarra bénévole a sein de la croix rouge Malienne.

Ces deux personnes furent sidérés après avoir vu dans quelle
conditions nous vivons .Ils apportèrent une trentaine de
moustiquaires imprégnés et tous réunis au balcon, ils nous
rappelèrent que le rapport de la dernière rencontre avec le
CICR leur avait été rendu,qu’ils avaient très clairement pris
note de tous les problèmes dont nous faisons face,et sans faire
de promesses, ils essayeront à la limite de leurs moyens de
solutionner quelques un notamment le plus primordial : la santé.

Leur visite fut brève mais pleine d’espoir, on les raccompagna
et ils nous demandèrent de prendre attache auprès de leur bureau
situé dans l’enceinte de la mairie de la commune VI dont nous
dépendons.

 

Posté par aracem à 21:04 - Activités - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Deuxième visite de la representante du CICR

Un mois plus tard, c'est-à-dire le 10 décembre 2008, Madame
Sabine Diarra revint nous voir mais, contrairement à la première
fois, elle ne voulut rencontrer que les femmes
.

Guidées par Yinda Mamette chargée de la condition féminine au sein
de l’ARACEM, toutes les femmes y compris Madame Sabine se
retrouvèrent au niveau du siège pour une réunion fermée aux hommes.

D’après le rapport de Mamette, l’émotion et les larmes étaient au
rendez-vous lorsque tour à tour chacune d’elles racontait la genèse de
son parcours. Plusieurs émirent le souhait de rester à Bamako et si
jamais l’association avait les moyens, elles pourraient mener les
activités génératrices de revenus telles :

-salon de coiffure dame

- restaurant

- cyber café

- atelier de couture broderie

Le souhait de quelques unes parmi elle est de retourner au pays
d’origine mais avec un fond pouvant les aider à démarrer une
activité une fois sur place.

De toutes celles qui étaient présentes, l’idée centrale étaient
l’acquisition d’un local uniquement réservé aux femmes.

La réunion s’acheva en queue de poisson suite à l’évanouissement
d’une des filles présentes, mère de deux petites filles dut à un
problème respiratoire. Conduit à l’hôpital, tous les soins et les
ordonnances furent pris en charge par Mme Sabine. En notant
bien sur que cette crise n’était pas la première en son genre,
mais l’une des trois à quatre hebdomadaire que subit cette fille
qui faute de moyens est toujours présente parmi nous, car ayant
émise le souhait de retourner volontairement avec ses filles au
Congo.

 

Posté par aracem à 20:57 - Activités - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

visite de la representante du CICR Mali

Ayant rencontré la nouvelle représentante du CICR( comité
international de la croix rouge), lors d’une rencontre initié par
Helvetas Mali dans leurs locaux, Mme Sabine Diarra de son nom
nous fut part de son souhait de se rendre dans notre foyer pour une
discussion et une prise de contact avec les différentes personnes
s’y trouvant.

Il est 17 h10 quand le véhicule du CICR ayant à son bord
Mme Diarra Sabine s’arrêta devant le portail de l’immeuble abritant
les refoulés d’Afrique centrale.

Ayant été annoncé une semaine en avance, tout le monde était au
rendez-vous car selon nous, elle venait résoudre les problèmes
sanitaires des gens malades au foyer.

Mais hélas ! Ce ne fut le cas, et voyant la désolation sur les yeux de
tout un chacun, elle nous rassura tout de suite sur l’objet de sa visite,
car selon elle c’était pour une première prise de contact. Elle gravit les
marches de l’escalier et se retrouva au premier niveau de l’immeuble
accompagnés du président Roméo, du secrétaire général Patrice, de
son adjoint Manou, du chef du foyer César et de beaucoup d’autres
membres.

Revenus au balcon de l’immeuble où nous passons la plupart de notre
temps à cause de son espace, elle s’arrêta et commença à recenser
les problèmes des hommes d’abord et les femmes ensuite.

Beaucoup de besoins furent aussi mentionnés au cours de ces
échanges,notamment les moustiquaires, les matelas, couvertures,
draps, médicaments etc.

Elle prit note de tout et promit de revenir incessamment.

La visite se termina aux environs de 18h30.

Posté par aracem à 20:43 - Activités - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1