Membres de l’Aracem présents : Emilienne Wokmeni
et César Toukov

Deux membres de l’Aracem respectivement Wokmeni Emilienne
et César Toukov étaient des personnes désignées pour se rendre sur
l’Ile de Gorée où devait avoir lieu l’adoption et la signature de la
charte mondiale des migrants.

 Tout au long de leur voyage ils ont subis pas mal de tracasseries
policières tant du coté Mali que  Sénégal à cause de la multitude des
barrages de police sur cette voie de plus deux mille kilomètres.

 Malgré toutes les dispositions prisent pour leur  voyage à savoir
visas, carte de vaccinations, ils ont du  payer une petite somme
d’argent par personnes à chaque poste de contrôle comme s’ils étaient
des sans papiers.

 Deux jours de route ont suffit pour rejoindre Dakar où des dispositions
avaient été prises pour l’accueil et l’acheminement des différents groupes
de personnes vers Gorée. Il est à noté que tous les frais (Transport,
hébergement, nutrition) étaient entièrement pris en charge par les
organisateurs du FSM.

 

Jour 1 : Mercredi 02 février 2011

 

L’ouverture de la cérémonie fut brève et faite par madame le maire
de Gorée, suivi des messages du coordonateur à la rédaction de la
charte et de certaines personnalités du Sénégal présentes.

Pour  l’adoption de la charte, il était important :

-          Que les membres présents soient des migrants

-          D’avoir  deux représentants par association

 

En effet, l’idée d’élaborer une charte par les migrants eux même est
née lors de la lutte des sans papiers à Marseille en France, et le
projet proprement dit a démarré lors du forum social mondial qui s’est
tenu à Madrid en 2006. Ce projet avait été lancé sur des réseaux
d’Amérique latine, d’Asie, d’Afrique, et discuté après dans des
assemblées et réunions des migrants.

   

La charte qui devait être adoptée à Gorée est la restitution des
paroles des migrants pris individuellement, elle n’a pas été basée
sur les commentaires ou rapports des associations des migrants,
sa principale idée sera axée sur la liberté de circulation et
d’installation des migrants et sur la définition de leurs droits.

 

Jour 2 : jeudi 03 février 2011

 la journée fut consacrée à la discussion sur les différents articles
que compte la charte  afin d'aboutir a son élaboration finale. Seuls
les migrants avaient le droit de prendre la parole, les responsables
d’associations de soutiens ainsi que les invités étaient dans la salle
en qualité de témoins.

 Le préambule seul fut discuté durant toute la matinée. Les termes tels
"races" et "ethnie" furent éliminés de la charte car pour les migrants
présents, il n'y a qu'une seule race sur la terre,  ethnie est un concept
inventé par les colonialistes selon un (migrant député à Genève)

 Le terme Migrant a plusieurs définitions, sans oublier que l'on est
migrant même dans son propre pays.

1-      Le migrant représente le monde

2-      Le migrant est celui qui bouge, qui a le cœur entres deux espaces.

Nous sommes tous des potentiels migrants. Il sera aussi important
de rappeler dans le préambule les différentes conventions existantes
entre autre la convention Internationale sur le droit des migrants (UN)
car d’après un migrant « Les textes internationaux sont comme des
photos des parents morts que l'on accroche aux murs des salles de séjours 

 

S'exprimant au nom des migrants latinos américains, un migrant ajouta
nous voulons une charte qui ne soit pas attribué comme un cadeau,
nous voulons qu'elle naisse de notre propre souveraineté.

Une migrante guinéenne résidant à Dakar déclara : la charte idéale
c'est celle qui exprime le cri de cœur de chaque migrant en son fond
intérieur.

 il faut souligner le coté positif de la migration écrire cette face du désir
d'ailleurs l'émotion positive qui fait la force des migrants dit un sénégalais.

 

L’après midi fut marqué par des discutions sur l’adoption des différents
articles de la charte. Sous la bonne coordinateur de trois président de
séance qui se succédèrent, le calme avait parfois du mal a régner dans la
salle qui abritait tout le monde.

Tous les articles furent examinés et certains furent modifiés, vue le
temps qu’il restait avant la clôture de cette journée, des nouveaux
articles mentionnés ne devraient être discutés que le lendemain.

 

Propositions d’articles (pour ne citer que ceux-ci)

-Emilienne migrante camerounaise présente au Mali : Article
sur le droit des enfants de migrants

-Pierre migrant camerounais présent auMaroc : Article sur
le droit des migrants handicapés

 

  La charte fut amendée un peu plus tard en soirée suivi des
applaudissements et des explosions de joie, suivi des chants et danses
qui prirent vers jusqu’à l’heure du dîner. J’ai eu comme une
satisfaction en réalisant que je venais d’être témoin de
l’élaboration d’un travail historique, déclare une migrante

 Jour 3 : Vendredi 04 février 2011

 La séance débuta par la lecture et amendement des nouveaux
articles qui ont été ajoutés. La charte fut adoptée et à l'unanimité
par l’ensemble des participants.

      L'après midi fut marqué par la réflexion sur la méthode de
diffusion la charte en souhaitant qu’elle soit adoptée par tous à
travers le monde entier.

 

Suggestions de diffusions de la charte des migrants

1-      Les associations des migrants doivent s’approprier de la

charte et organiser des rencontres sur cette thématique

2-      Il faudra la traduire dans des langues nationales

3-      Passer par des réseaux informatiques

4-      Lancer une signature à travers le monde (100 à 200 millions
de signatures)

5-      Passer par la presse écrite

6-      La charte pourrait être une plate forme de référence pour
la lutte contre le racisme

7-      La charte pourrait être un point clé pour le 18 décembre
(journée mondiale du migrant)

 

La journée s’acheva par un bal qui clôtura aussi la fin des travaux
annonçant ainsi le forum social mondial qui  débutait le lendemain.