Introduction
Point sur les trajets Bamako – Dakar / Dakar – Bamako
Point sur Dakar : hébergement et ateliers
Point logisitique
Points forts
Critiques, recommandations, perspectives


Introduction

Du 6 au 11 février 2011 s'est tenu le Forum Social Mondial (FSM) à Dakar
(Sénégal). Les activités, commes celle de rédaction de la charte des
migrants sur l'ile de Gorée, nécessitaient une présence deux jours avant
le début des activités pour un travail préparatoire. Le but était de faire
converger les différents représentants d'associations à Dakar. Dans ce
cadre, Bamako fut un point de ralliement des caravanes rassemblant
plusieurs associations, ainsi que des membres de la société civile dans une
deuxième caravane. Les caravanes suivirent le parcours suivant :
Cameroun, Nigéria, Burkina Faso, Togo, Mali, Sénégal. Le 1er février , les
caravanes partirent de Bamako et arrivèrent le 5 février 2011 à Dakar.
En leur sein, douze représentants d'ARACEM étaient présents, ainsi qu'un
binome parti le 30 janvier pour l'ile de Gorée.


Point sur les trajets Bamako – Dakar / Dakar – Bamako

L'ARACEM a participé à la caravane au départ de Bamako dans le cadre
du Réseau Afrique Europe Interact (RAEI). Chargé de la logistique et de
la recherche de fonds, le réseau a permis à 200 membres du réseau
Afrique de participer au FSM avec l'organisation des caravanes.
Par ailleurs, une cinquantaine d'européens sont arrivés 5 jours avant le
départ de Bamako avec l'ensemble du matériel logistique
(matelas, moustiquaires, etc.), logés dans les locaux des associations
pilotes du réseau Afrique, soit le Mouvement des Sans Voix, l'Association
des Maliens Expulsés ainsi que l'ARACEM. Avant le départ se sont tenus
des ateliers au siège de l'AME à Diélibougou, aussi centre d'organisation
des caravanes au départ de Bamako. Kayes fut ensuite la première
escale, de deux jours, des caravaniers alors logés dans un stade
de football. Sur place, ils menèrent des activités comme une
manifestation ainsi que l'assemblée des femmes. Le trajet fut ensuite
rythmé par un arrêt à Tombakounga au Sénégal, où tous les membres du
réseau furent logés dans des établissements scolaires. Une manifestation
pour sensibiliser la population et dénoncer Frontex fut organisée. Plus tard
l'escale à Kaolak marqua la rencontre des caravaniers avec le réseau
No Vox.

La manifestation alors organisée fut le moment des retrouvailles des
réseaux, où dénotèrent des organisations comme le groupe des nigériens,
le réseau No Vox de plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest, CATDM antenne
Togo. Le voyage fut enfin ponctué par l'arrivée à Dakar le lendemain, où
les caravanes accueillies par le comité d'organisation furent logées à
l'université. Le trajet de retour, le 12 février, vers Bamako entraina une
phase d'évaluation du projet caravane du FSM, qui amena à la conclusion
que le projet n'était ni une réussite, ni un échec, mais une première
expérience à perfectionner en mobilisant d'avantage d'acteurs du milieu
associatif africain, et qui illustre tout de même une bonne dynamique du
Réseau Afrique Europe Interact. La visibilité de l'ARACEM est un résultat
très satisfaisant de sa participation au FSM.


Point sur Dakar : hébergement et ateliers

Le comité d'accueil et d'organisation logeait les participants à l'université
de Dakar, dans des tentes données par l'Arabie Saoudite. Il faut souligner
la participation financière de la Fondation Rosa Luxembourg sans laquelle
nombre de participants du réseau Afrique Europe Interact n'auraient pu
assurer les frais de transports par avion. Quant aux activités, elles avaient
lieux dans les amphithéâtres de l'université. Néanmoins, leur déroulement
fut épique voir impossible puisque les cours des étudiants n'avaient pas été
intérrompus pour l'occasion et que ceux-ci n'avaient même pas été tenu au
courant du FSM. De plus, l'absence d'indication de lieu et d'horaire ne venait
pas faciliter la participation aux ateliers, décourageant certains participants
à suivre les activités, et faisant perdre un temps considérable qui aurait du
être celui consacré au travail collectif. En outre, en participant à la grande
marche pacifique de l'université jusqu'à médina, l'ARACEM a acquis une
bonne visibilité, à l'instar du Réseau Afrique Europe Interact. Parallèlement,
une projection du film montrant les ateliers lors des escales de Bamako
jusqu'à Dakar a été présenté par les responsables de No Lagger Bremen
(membres de la section Europe du Réseau Afrique Europe Interact). Aussi,
des scènes de théâtre présentées par le Réseau Afrique Interact, des
expositions de photos de migrants, et des activités menées au centre social
et culturel de Dakar animèrent le FSM. Le maire de la commune est allé
jusqu'à encourager les acteurs associatifs présents dans leur démarche.
En outre, la présence de chef d'Etat comme Lula (Brésil) ainsi que celle d'un
représentant officiel d'Hugo Chavez (Venezuela) sont signe d'implication de
certains politiques dans cette manifestation de la société civile.


Point logisitique

On peut regretter plusieurs choses lors du FSM : les problèmes de logement
et d'équipement des lieux d'hébergement (accès à l'eau potable notamment,
sous estimation des stocks de denrées alimentaires). Ceci sans doute lié au
fait que seulement 40% des prévisions budgétaires du FSM ont été perçues.
De plus, le FSM a été un fiasco, car manquant d'informations à l'égard de
l'évènement, les étudiants ont même eu une attitude hostile à l'égard du
FSM (boycotts, blocages des accès aux amphithéatres, à l'eau, etc.).
Enfin, l'ARACEM a été surprise de la diffusion d'un film à son sujet alors
qu'aucun membre n'en avait connaissance et qu'il n'y avait donc aucun
accord formel de réalisation et diffusion.


Points forts

Le FSM a créé des lien entre les différentes associations, a permis de
rencontrer des structures alors connues uniquement par mail,
permettant notamment à l'ARACEM d'envisager la mise en place de
partenariats futures avec d'autres associations. Les temps hors ateliers
furent un bon espace de débat, de construction collective.

Les caravanes ont forcé l'apprentissage de l'acceptation d'autrui.
Elles regroupaient 90% de jeunes, 20 à 25% des femmes, des individus
de toutes catégories sociales. Le temps de la caravane comme du FSM
a permis à certain de déconstruire l'image de l'européen appuyant les
politiques de l'Union Européene.


Critiques, recommandations, perspectives

On peut déplorer l'organisation catastrophique du FSM évoquée ci-dessus
qui a conduit presque 50% des participants à se détourner du FSM pour
découvrir Dakar.

Les problèmes de prévisions des stocks de denrées alimentaires forcèrent
les participants à couvrir ces frais imprévus et chers en raison du coup de
la vie à Dakar, d'autant plus que les prix avait été augmenté pour l'occasion.
Quant au Réseau Afrique Europe Interact, l'organisation a été meilleure
grâce au travail de réunion mensuelle ou hebdomadaire.

L'ARACEM s'interroge sur le lieux de la prochaine organisation du FSM :
le choix de ce lieu tiendra-t-il compte des problèmes de mobilité et autres
que peuvent rencontrer des individus dans certaines régions du monde
(Afrique, Asie, ...)?