A.R.A.C.E.M

Association des Refoulés d'Afrique Centrale au Mali

21 mars 2008

Extraits de témoignages

TRAITEMENT ET CONDITIONS DE DETENTIONS

ALBERT, camerounais ,28 Ans, membre de l’ARACEM

INSALAH

Le commissaire en place était réputé pour sa maltraitance. Tous les migrants qu’on acheminaient vers ce lieu savaient qu’une fois le pied à terre, recevraient une bastonnade de bienvenue. Le vieux comme l’appelaient les migrants rejetait à chaque fois qu’il savait que les migrants avaient toujours de l’argent sur eux. De ce fait, nous privant de rations journalière, il avait ouvert une boutique dans l’enceinte de la cellule de refoulement gérée par un policier .Donc pour ce nourrir durant tout le séjour dans cette cellule, il fallait acheter à la boutique ou alors rester affamé. On réussissait à ne pas en mourir parce qu’il y avait la solidarité entre nous.

ABUS DE

LA POLICE

GEORGES, centrafricain, 26 Ans, membre de l’ARACEM

TAMANRASSET

Parfois le jour, les policiers entraient dans la cellule ,franchement on ne savait le pourquoi .Quand ils ressortaient ,deux ou trois heures de temps après revenaient très nombreux ,armés de matraques ,ils bastonnaient ,fouillaient tous les sacs , et emportaient avec eux bijoux ,argent ,portables ,et parfois passeports .

DESCRIPTION DE TINZAWATIN

ABDOULAYE, Tchadien ,28 Ans, membre de l’ARACEM

Frontière Algéro-Malienne, situé en plein désert, ou vivent deus groupes de personnes bien distinctes. Un premier groupe composé d’algériens vivant dans une grande cité électrifié, avec de l’eau potable, bref disposant des conditions nécessaires pour mieux se sentir dans sa peau.

De l’autre coté ,vit un deuxième groupe composé des migrants refoulés camerounais ,congolais ,tchadiens ,centrafricains ,maliens ,libériens ,nigérians ,Bangladesh, etc.…….les tempêtes de sable y surviennent à chaque cinq minutes ,on touche à peine le soleil de la main, les pluies sont inexistantes ,bref c’est l’enfer.

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Extrait 5

TRAITEMENT ET CONDITIONS DE DÉTENTIONS

MOULOUNGUI, Congolais, 20 Ans, membre de l’ARACEM

TAMANRASSET                                                                                                                                              La bastonnade que nous recevions chaque jour était dut à notre protestation contre l’arrivée tardive de la ration qui était faite de deux baguettes de pain par jour par personne et d’un kilogramme de lait en poudre pour cinq personnes pendant deux jours. Tout ceux qui tombaient malades pendant mon séjour dans cette cellule qui était d’un mois, ne recevaient rien comme médicament. Le robinet d’eau à boire se trouve près des latrines où hommes, femmes, et enfants sont amenés à se rendre sans distinction, de jour comme de nuit, sans avoir honte.les policiers algériens perchés sur des remparts, deviennent plus nombreux à chaque fois que c’était le tour des femmes de se baigner. Nous les insultions, lancions des morceaux de pains secs  restés dans la cellule. 

VIE DANS LES ROCHERS A TAMANRASSET                                                                                          

PATIENT, Camerounais, 29 Ans membre de l’ARACEM                                                                                    

Ayant passé toute la journée aux buses comme les autres, à la tombée de la nuit, j’avais recommencé la marche au sens inverse pour regagner les rochers. Il y en avait trois où nous dormions, le mien était le dernier c à d le plus éloigné. A l’intérieur, on s’éclairait parfois avec des bougies mais le pus souvent, à l’aide des petites torches à la lumière bleue. Dans ces rochers on trouve des souris, des scorpions et parfois des serpents et, DIEU m’a tellement protégé car, durant mes trois mois de séjour dans ces lieux, mes camarades et moi ne nous sommes pas plaints d’une éventuelle morsure comme s’en était le cas auparavant. Parfois les policiers arrivaient là-bas lors des multiples rafles, mais, ces rochers ont tellement des galeries qu’il leur était difficile de nous prendre tous car le chef nous avait montré deux sorties cachées et je suis sur que même JAMES BOND ne les aurait trouvé                                                                                                                                            

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Extrait 4

CONDITIONS D’ARRESTATION

RODRIGUE B. Centrafricain 24 Ans, membre de l’ARACEM

TAMANRASSET

Nous étions nombreux au départ de TAMANRASSET pour GHARDAIA. A l’agence, nous avons été scindé par groupe de cinq noirs dans les différents véhicules. Dans le mien, nous étions sept noirs dont cinq subsahariens et deux algériens de peaux noirs. Ayant traversé différents contrôles sans être pris, juste au moment où le chauffeur stoppant le véhicule pour une pause urine, tout le monde étant descendu, un véhicule militaire de passage s’arrêta. Tous les noirs y compris les deux algériens furent arrêtés et reconduits à INSALAH sans vérification de papiers ou autres explications. Malgré le fait que les deux algériens parlaient arabe, ils ont du aussi abandonnés leurs bagages comme nous dans le bus qui continua son trajet. Tout ceci pour la simple raison que nous étions noirs.

TRANSPORT DANS LES CAMIONS MILITAIRES

MARTHE, Camerounaise ,19 Ans, membre de l’ARACEM

Pendant toute la nuit, on a roulé et DIEU seul savait combien nous étions à l’arrière de ce camion entassés comme des sardines dans une boite. Le chauffeur après avoir quitté le goudron, au lieu de rouler sur du sable, le faisait plutôt sur les énormes pierres. A l’arrière du véhicule, avec toutes ces secousses, on se cognaient les têtes, fronts, basculant d’un coté à l’autre, et ceux qui étaient aux extrémités c à d près des barres de fer se blessaient au point ou une maman congolaise qui se faisait refouler avec sa fille est morte sur le champ après avoir cogné la tête à une barre de fer. On criait et ça ne leur disait rien. Pour pisser, c’était mieux pour les hommes car ils tendaient juste leurs sexes au dehors et le faisaient malgré les secousses. De notre coté, pour nous soulager on allait à l’arrière du camion pour le faire. Ça sentait mauvais mais les autres nous comprenaient et ne nous en voulaient pas. A l’arrivée à TINZAWATIN, il y avait beaucoup de blessés, de personnes avec des membres fracturées, ils nous ont laissés en disant « voilà le Mali de l’autre coté »

CONDITIONS DE FEMMES

SOLANGE, Congolaise, 20 Ans, membre de l’ARACEM

TAMANRASSET

J’ai été arrêtée comme beaucoup d’autres au niveau de l’université. Arrivée au commissariat, le groupe de filles a été séparé de celui des hommes pour subir aussi la fouille. Mais, ce que nous avons subi était plus qu’une fouille. Ils ont commencé par toucher les cheveux, les seins, mettre les mains dans nos fesses, toucher nos pubis en nous disant que cette fouille systématique était dut au faite que les femmes transportent souvent les stupéfiants et qu’elles les cachent dans ces lieux. Ils le faisaient en riant et on avait tellement peur, tremblaient, et on ne pouvaient pas se défendre

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Extrait 3

EXTRAIT 3

CONDITIONS D’ARRESTATION

MPENZA, Congolais 32 Ans, membre de l’ARACEM

CASABLANCA

J’étais à Casablanca depuis presque un an déjà, six mois plutôt, ayant déposé une demande d’asile au HCR, j’ai reçu un récépissé de demande d’asile après étude de mon dossier. Jusqu’ici j’avais eu la chance de n’avoir jamais été interpellé.un jour en sortant de la mosquée, trois policiers marocains m’interpellent, les ayant montré la photocopie certifiée conforme de mon certificat du HCR, ils l’ont déchiré en disant qu’il était faux, et j’ai été conduit aussitôt au commissariat.

ABUS DE

LA POLICE

OLIVIER  Camerounais ,19 Ans, membre de l’ARACEM

NIGER (ARLIT)

Arrivé à l’agence AIR transport d’ARLIT en provenance de NIAMEY, deux policiers nous abordent et aussitôt nous sommes conduits au poste de police. Après avoir parlé longtemps avec un Monsieur à travers la fenêtre de notre cellule, l’ayant fait comprendre que nous ne disposions pas d’argent, notre cellule fut ouverte et avons été conduits à l’arrière du bâtiment du commissariat, brutalisés, fouillés, ainsi que nos sacs, ils ont pris les 140.000 FCFA que nous avions .après ils nous ont mis 40.000 FCFA nous disant que la somme prise était le payement de droit de passage sur le sol nigérien.

TRAITEMENT EN PRISON ET CONDITIONS DÉTENTIVES

ALAIN, Tchadien 25 Ans, membre de l’ARACEM

TETOUAN

Attrapés après tentative échoué du coté de CEUTA, avant mon refoulement à OUJDA,j’ai eu l’honneur de passer quatre nuits à TETOUAN dans une maison abandonnée qui sert de commissariat non officiel ou encore de lieu de package de migrants arrêtés à CEUTA. Entassés tous dans une chambre de presque

6 m2

, à chaque fois au moins trois fois par jour, les policiers entraient avec des matraques et sans vraiment savoir pourquoi, ils se mettaient à bastonner tout le monde. Nous les hommes, essayions parfois de nous recroqueviller sur les femmes et enfants toujours est-il qu’ils recevaient des coups de matraques. Plus on se débattait, aussi longtemps durait cette séance.

Nous avions droit à une pause urine par jour et à une baguette de pain et de l’eau chaque soir.

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Extrait 2

CONDITIONS DE FEMMES

JULIENNE, Camerounaise, 22 Ans, membre de l’ARACEM

TETOUAN

Cette chambre puait, déjà deux jours que nous étions là, les autres femmes comme moi n’avaient pas encore pris de bains. Très tôt ce jour, les policiers étaient entrés et avaient bastonné tout le monde. Les garçons avaient voulu nous protéger, mais néanmoins nous avions reçu quelques coups. Lors des sorties du soir pour aller au petit coin (faire des besoins), les femmes généralement y allaient après tout le monde et une fois dans les allées, certaines étaient conduites à part, et elles revenaient dans la cellule bien après que les autres soient rentrées, en nous informant qu’elles avaient été violées par deux ou trois policiers. Moi j, ai eu la chance de n’avoir pas été victime.

CONDITIONS DE VIE À TINZAWATIN

ONANA, Camerounais ,20 Ans, membre de l’ARACEM

Les migrants vivent dans des huttes presque détruites .le forage datant je ne sais de combien d’année est complètement détruit. Et à cet endroit reste juste un gros trou avec à l’intérieur une eau d’une couleur verte avec laquelle on se lave et lave nos vêtements. Parfois il y a de ravitaillement d’eau potable par des camions citernes. Dans les ghettos, il y a plein de puce malgré le fait qu’on nettoie à chaque moment.

Les maladies de la peau (gale et teigne) sont fréquentes .le ravitaillement alimentaire (sucre, tapioca, et autres) proviennent le plus souvent de KIDAL dans les convois ou véhicules qui accompagnent le plus souvent les migrants (candidats au départ) qui passent par là.

Il n’ y a pas de places privilégiées dans les ghettos pour les femmes ou pour les enfants. 

il est strictement interdit de dormir dehors à cause des violentes tempêtes de sable dans la nuit .les maladies fréquentes hormis celles de la peau sont le stress et les maux de tête dues au soleil et aux multiples réflexions. Pas de toilettes, les besoins se font loin des ghettos, partout, à l’air libre, il suffit juste de recouvrir avec du sable.

VIE A TAMANRASSET

PASCAL, Centrafricain, 19 Ans, membre de l’ARACEM

En hiver, les policiers s’amenaient au rocher, profitant du fait qu’on soit allés au centre ville, ils brûlaient toutes nos couvertures. Quand ils nous coinçaient au centre ville dans les buses, pour les échapper, on les lançait les selles qui s’y trouvaient car c’est à cet endroit que la majorité des camions de vidanges de la ville de TAMANRASSET viennent déverser leurs contenus.

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03 novembre 2007

Reportage Vidéo France 24

Un témoignage essentiel sur You Tube sur les conditions de vie dans le Ghett à Bamako :

http://www.youtube.com/v/wZ6spvXJbzU&rel=1

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22 janvier 2007

Mamadou, mon ami

Mamadou, mon ami

Depuis quelques jours, on raconte l’arrivée de plusieurs cadavres sur les plages de Zarzis. Elles étaient toutes de personnes noires. On dit aussi que ce sont des « brûleurs » qui essayant de joindre l’Europe partant de la Libye, se seraient échoués lors de fortes tempêtes.

Touts les gens au courant de mes marches sur les plages, m’avaient demandé, si j’avais trouvé ma part de naufragés. Ils le disaient en rigolant, mais, je ne rigolais pas du tout. Je rencontre chaque jour des dizaines de cadavres de tortues et de dauphins, et ça me fait à chaque fois beaucoup de peine, que dire alors de mes confrères dans l’espèce !! En vérité, j’avais en permanence une angoisse au ventre et me suis préparé à une éventuelle rencontre avec un des naufragés. Avec le temps, j’étais déçu, et me demandais, pourquoi je n’en trouve pas, moi, le maraudeur des plages, moi, qui suis prédisposé à les bien accueillir et respecter morts ou vivants. Sans cynisme, je souhaitais cette rencontre car elle fermerait la boucle de mes trouvailles. Au début les vagues m’avaient rapporté les objets de la déconstruction du Nord, puis les messages humains en bouteilles renfermant la détresse, le désarroi et le peu de communications entre les gens, et pus en fin, une victime en chair et en os, de la ruée vers l’occident.

Je l’avais vu de loin, au début je l’avais pris pour une tortue retournée sur sa carapace et quand je me suis rapproché doucement assourdis par les battements de mon cœur, j’ai constaté que c’était bien lui mon ami Mamadou. Enfin il est là, retourné sur son ventre, couvert par les algues jusqu’aux genoux et sur le sommet de la tête. De taille moyenne, un corps bien proportionné et musclé, les vagues et le soleil avaient bien tanné sa peau qui avait une couleur noir beige, dans une beauté dont seul Dieu est capable. Très ému, mais lucide, j’ai lu sur lui plusieurs versés du Coran, en bon musulman, j’ai formulé des prières à Moise, au Christ et les Dieux animistes, afin que Mamadou soit béni par son apôtre et son âme retrouve la paix. Tout de suite après, je n’ai pu m’empêcher de crier ma colère à faire trembler la plage, contre cette nouvelle forme de destruction de masse dont les démunis en sont les victimes.
J’ai refusé de prendre des photos de mon ami, car son corps, son esprit et sa beauté, appartiennent à l’éternité et à Dieu le tout puissant.
A ma grande surprise, les fonctionnaires de la Garde Nationale et la Protection Civile, appelés sur mon portable, étaient visiblement très émus et compatissants malgré le grand dérangement et désagrément que ce genre d’interventions leur cause.

Le soir à la maison, j’ai commandé un bon repas pour toute la famille que je n’avais informé qu’après quelques jours de ma rencontre avec mon ami Mamadou. Ce soir là, j’étais heureux que mon ami ne dorme plus dans le froid.

Lihidheb mohsen
4170 Zarzis Tunisie
11.08.2002

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12 novembre 2006

Troisieme et derniere partie de l'émission

Il faut l'entendre pour le croire !!!

3° partie par ici : http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1016&var_recherche=ceuta

Merci pour cette émission proche des peuples et de leurs paroles... Voir le lien sur le site de "la bas si j'y suis".

Posté par aracem à 01:41 - Témoignages - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Suite de l'émission "la bas si j'y suis"

Découvrez des témoignages vivants et la couleur sonore de Bamako au travers de l'émission enregistrée par Antoine Chao, suivez ce lien pour la 2° partie :

http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1014&var_recherche=ceuta

Nous y étions !!!

Posté par aracem à 01:38 - Témoignages - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Ouvrez grandes vos oreilles

L'émission enregistrée durant le Forum à Bamako peut etre écoutée en suivant ce lien - partie 1 :  http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1013.

Posté par aracem à 01:33 - Témoignages - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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