A.R.A.C.E.M

Association des Refoulés d'Afrique Centrale au Mali

13 avril 2008

FORMATION DES MEMBRES DE L'ARACEM

Tv Nomade

Projet d’atelier vidéo avec l’association ARACEM

Objectif :

Initier et former des jeunes adultes aux techniques (écriture/ tournage /
montage) de la vidéo numérique.
Production d’un reportage audiovisuel
incluant photos, textes, illustrations sonores autour d’un sujet écrit et
réalisé par les stagiaires.

Date prévu : du 14 au 19 avril 2008

Lieu : local de l’association CON.JE.DEV

Public concerné : les membres de l’association ARACEM

Nombre de participants : 7 stagiaires accompagnés d’un
référentlogo de l’association

Matériel utilisé :

2 caméras numériques

Matériel son (micro, perche)

1 appareil photo

1 ordinateur

Déroulement de la formation :

Jour 1 :

Présentation du groupe et des associations

Introduction à la vidéo (visionnage)

Présentation du matériel

Notion technique autour de l’image, du cadre et du son

Exercices pratique de prise de vue

Jour 2 :

Choix d’un sujet

Qu est ce qu un scénario ?

Notion d’écriture d’un documentaire

Techniques d’interviews

Planning de tournage

Jour 3 et 4 :

Tournage

Prise de vue

Réalisation d’interview

Micro trottoir

Jour 5 et 6 :

Montage

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Bamako l'enfer

          Bamako l’enfer

La majorité des migrants arrêtés aux portes de l’Europe sont
reconduits de façon inhumaine dans le désert principalement à
Tinzawatin à la frontière Algéro-Malienne.

Les survivants de ces refoulements n’ont plus qu’une idée, celle
de regagner Bamako la capitale du Mali en espérant y retrouver le
gout de vivre bref, un moral pour pouvoir réfléchir sur leur sort.

Tel est le cas des migrants ressortissants de l’Afrique centrale
qui, refoulés du Maroc, Algérie, Lybie et Mauritanie se retrouvent
non pas en transit mais bloqués à Bamako, dans cet enfer où ils
vivent dans une précarité extrême.

Belle ville traversée par le fleuve Niger, à première vue, on ne
saurait s’imaginer que plus d’une centaine de migrants
ressortissants de l’Afrique centrale bloqués et regroupés au sein
de l’A.R.A.CE.M s’y trouvent.

La description de leur quotidien pourrait être classée en
sous-groupes :

1-      Le Ghetto
principal lieu où ils vivent, cet immeuble inachevé compte
quatorze(14) chambres dans lesquelles dorment quinze(15)
à dix-huit(18) personnes par chambres devrant se débrouiller
comme ils peuvent pour réunir leurs frais de loyer par mois.

Dirigé par le chef Ghetto, qui se charge d’accueillir les
nouveaux venus, les orienter dans les différentes chambres,
il nomme ses assistants, qui désignent à leur tour des
personnes chargés pour le nettoyage quotidien des chambres
et de l’immeuble, car ici la propreté est de rigueur ,puisque
les personnes y vivant savent que leur survie en dépens.

Le manque de respect aux ainés est intolérable, et
sanctionner par des corvées quotidiennes que le concerné
devra faire, en cas de refus les sanctions s’en suivent et
vont même jusqu’à l’expulsion de l’immeuble, car sans lois
et règlements intérieur au niveau du ghetto, nous ne serons
plus que des animaux.

Les nuits sont courtes, il n’y a véritablement pas d’heure pour
se coucher sur les vieilles nattes que nous possédons, de
sept(07) heures à x heures, on se raconte des histoires,
on parle de nos pays respectifs, de nos exploits si nous
pouvons le dire ainsi, de nos rêves, du bonheur qu’on
aimerait procurer à nos parents lorsque nous retournerons
un jour dans nos pays, etc.

Le matin, les premières personnes se réveillent juste après
les premiers appels du coq, ou des muezzins situés dans les
mosquées se trouvant tout autour de nous, les deuxièmes à
six( 06) heures pour aller faire du sport et les derniers vers
huit( 08) heures réveillés le plus souvent par le bruit d’autos
ou de motos des personnes allant vaquer à leurs occupations.

Les journées au ghetto sont les mêmes, ceux qui peuvent
déjeuner le font avec leurs propres moyens, et après le bain
matinal, les petits groupes se créent et se dispersent de
chaque coté ceci dans le but de pouvoir gérer sa journée en
se nourrissant soit chez des amis, des voisins ou au mieux
encore lorsqu’il y a eu dans la semaine un don en denrée
alimentaire, nous convenons tous d’une heure pour se
retrouver en journée pour manger ensemble.

Revenus à la tombée de la nuit, tous assis à l’entrée de cet
immeuble où il n’y a ni eau potable, ni électricité, filles,
garçons et enfants le plus souvent assis sur les pierres où
encore sur  le tronc d’arbre de deux mètres posé sur des
énormes pierres servant de bancs, se racontent les galères
de la journée passée en espérant que demain sera mieux car,
on sait quel jour on arrive au ghetto, mais la date du départ
n’est jamais connu d’avance.

2-      La santé :

Seule la volonté de DIEU nous protège et nous garde en vie.
Ayant en ce jour perdu des copains décédés de suite de
maladies diverses tels (infection pulmonaire, typhoïde,) nous
n’avons pas de moyens pour faire face aux problèmes de
maladies qui se posent au sein du groupe.


Les refoulés arrivant à Bamako se trouvent dans un état
de maladies avancées, de troubles psychologiques dut aux
violences subies lors des refoulements, et le plus souvent
lorsque les cas deviennent graves ,nous sommes obligés de
nous adresser aux personnes individuelles, faire du porte à
porte
pour pouvoir les aider à recevoir des soins et même
payerles ordonnances de 05 euros .

3-      Nutrition

Tous les refoulés d’Afrique centrale répertoriés au sein de
l’ARACEM n’arrivent pas d’eux-mêmes à se procurer un repas
quotidien.

Hormis les candidats aux départs que nous enregistrons à
chaque fois qui pour la plupart, ont eu la chance de ne pas se
faire arnaquer ou dépouiller en chemin,

Le reste c'est-à-dire les refoulés dépossédés de leurs biens
lors des refoulements, une fois arrivés à Bamako se
nourrissent grâce à la générosité des voisins et des
connaissances qu’ils arrivent à se faire ou mieux encore
grâce aux dons en denrées alimentaires que certaines
personnes de façons individuelles nous apportent.

4-      Les vêtements

Démunis de tout lors des différents refoulements,
l’unique tenue que les refoulés d’Afrique centrale détient
devint alors pour lui comme un uniforme de lycée ou de
collège qu’il est obligé de porter chaque jour.

Lorsqu’il est sale, la nuit tombée, il est lavé, séché et
reporté le lendemain matin au point où les voisins nous
demandent si nous en avons plusieurs de la même couleur.

Heureusement, il ya quelques mois, à travers le fond de
solidarité nationale du Mali dirigé par M. ADAMA DIARRA,
nous avons reçu un don en vêtements, couvertures, draps et
kits sanitaires de la part du World Lutherian Relief.

Ce don intervenu à point nommé nous a permis d’avoir
de nouveaux vêtements pour le moment.

         

Posté par aracem à 15:08 - Ghetto News!!!!!!! - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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